Articles avec le tag ‘Recrutement’

fév 6

La recherche d’emploi n’est pas une parenthèse professionnelle

« La persistance de la mémoire »  - Salvator Dali

La montre molle évoque le temps qui passe et la mémoire qui reste…

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En recherche d’emploi, vous vous imposez de garder un rythme professionnel. Votre mémoire professionnelle vous invite chaque jour, à vous asseoir à votre bureau et a vous activé : la nième version de votre CV, la consultation des alertes mises en place sur les différents jobboards… Aucune offre d’emploi ? Vous testez de nouveaux mots clés, vous surfez à la recherche d’une offre d’emploi, d’un profil demandé qui vous ressemble ou presque, au pays de Serendip… En quelques clics, vous changez le titre de votre CV, adaptez la phrase d’introduction de votre lettre de motivation, transmettez le tout selon la procédure indiquée.

Vous avez été réactif . Oui, mais… Quelques jours ou semaines plus tard, vous recevrez un message vous indiquant que votre candidature n’a pas été retenue, d’autres candidats présentant un profil plus en adéquation avec le poste…

Ne pas se positionner en logique de production, notamment de candidatures si votre expérience ne correspond pas à l’annonce, c’est échapper à l’illusion.

Dès les premières semaines, rebondir sur les avantages du changement même s’il n’a pas été voulu. Prendre le temps de l’analyse objective sur soi, son parcours, ses environnements…. S’autoriser l’exploration des champs des envies et des possibles… Définir une stratégie, même si tout n’est pas connu ou maitrisé, les ajustements viendront plus tard…. c’est échapper à une recherche d’emploi réactive peu valorisante et peu valorisée.

Les échanges et les rencontres associés à une veille inspiratrice et à une réflexion habile sont parmi les meilleurs atouts d’une recherche d’emploi. Difficile à faire ? Peut-être au début lorsqu’il faut en faire l’apprentissage ou les actionner dans le contexte de la recherche d’emploi. Ceux sont aussi des savoir-faire professionnels que vous pourrez mobiliser dans vos prochaines expériences.

La recherche d’emploi n’est pas une parenthèse dans une vie professionnelle. Ce n’est pas un temps mou pendant lequel nous restons ce que nous avons été.

La recherche d’emploi peut (doit) être un temps riche d’expérimentations, de créativité, d’apprentissage d’un « autrement » qui construit le professionnel en activité demain, qui ne devra pas oublier, pour le coup, les bons réflexes du réseau et de la veille.

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Sur le thème de la recherche d’emploi  :

J’ai une bonne formation, l’expérience, des compétences éprouvées, la motivation … pourtant je ne trouve pas d’emploi !

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
jan 27

Vous aimez la Marque, aimerez-vous l’Employeur ?

L’image Employeur a toujours existé, plus ou moins formalisée (bouche à oreille), plus ou moins travaillée (communication pour le recrutement, gestion de crise lors de conflits sociaux… ).

Internet et surtout son évolution en tant qu’espace d’expression individuel et communautaire a progressivement fait évoluer les enjeux. On est passé de l’Image Employeur à la Marque Employeur.

Comme pour l’image de la Marque, on est passé du faisceau informel d’informations ou de la proclamation bien orchestrée à un modelage de l’image de la Marque de l’entreprise en sa qualité d’employeur par différentes parties prenantes.

Chaque internaute, client, stagiaire, salarié, ex-salarié … contribuant à l’expression, la présence, l’identité, la réputation… de l’entreprise dans le domaine de la gestion des ressources humaines, du recrutement, des pratiques de management. En sa qualité d’Employeur.

Progressivement les entreprises développent des stratégies de communication online et offline pour influer, orienter leur réputation d’Employeur, surtout pour accroître leur attractivité dans le recrutement des meilleurs (la bataille des talents).

Toutes ne le font pas.

De même, toutes les entreprises n’ont pas une stratégie globale pour leur Marque, alors que leurs cibles s’expriment de plus en plus sur un même espace public, et que leur implication sociétale, volontaire ou pas, est croissante…

Peut-être parce que la Marque commerciale pourrait pâtir de la réalité des pratiques de recrutement ou de management des ressources humaines ? A lire l’article dans Rue89 sur un ex-salarié de FreeMobile. Il aimait la marque, il a aimé l’argumentaire lors du recrutement, il n’a pas aimé l’employeur…

La Marque Employeur et la stratégie à déployer quelle que soit la taille et les moyens de l’organisation peut constituer un levier, une stimulation pour engager une vraie réflexion sur le « projet humain » de l’entreprise, pour progresser dans la politique RH et la réalité de ses pratiques.

A l’heure où les ressources humaines, nouvellement redécouvertes comme des « talents, sont pointées comme le facteur essentiel et différenciant de la performance économique des entreprises, où les directions d’entreprise demandent à leurs salariés de s’engager comme ambassadeurs de la Marque « tout court » pour conquérir des clients comme de nouveaux talents, beaucoup d’entreprises ont à progresser dans leurs réflexions, leur culture, leurs valeurs, leur stratégie RH, leurs pratiques RH, souvent sur des éléments simples, il s’agit souvent de faire un saut qualitatif

Quand on aime ou quand on a aimé l’employeur, qu’il fasse des disjoncteurs, du saucisson ou des modems ADSL, on aime la marque et on le fait savoir, non ?

Qu’en pensez-vous ?

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
jan 24

Le recruteur et le point d’inflexion

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Le recruteur a couramment pour principales préoccupations de :

  • identifier les bonnes sources et les bons supports de communication pour trouver des candidats.
  • susciter l’intérêt de candidats… alignés sur sa recherche, et filtrer le plus efficacement ceux qui ne le sont pas.
  • évaluer chaque candidat à partir de critères objectifs définis, pondérer ces critères car le mouton à cinq pattes n’existent pas…

Dans ces premières actions de sourcing et d’évaluation, il donne de la voix…

Nous avons tous été un jour candidat et nous avons tous eu le sentiment dans ces premières étapes que le recruteur donnait le ton : on se laisse convoquer, scruter, sélectionner… Puis le jour où la décision favorable est prise, il est fréquent d’observer un changement de ton… plus mélodieux. Une inflection qui sonne la fin de la relation évaluateur-évalué. On change de registre, il s’agit maintenant de convaincre le candidat de rejoindre l’entreprise.

A peine caricaturales, ces pratiques ont encore largement cours.

Les usages « social » du web tendent aujourd’hui à renouveler dans de nombreux domaines la gestion de la relation, dont le recrutement. On parle aujourd’hui d’Expérience Candidat.

Les finalités de l’Expérience Candidat ne relève pas de la philanthropie ou d’un élan d’humanité retrouvée. Les préoccupations et les objectifs des recruteurs restent les mêmes.

Mais dans cet espace plus ouvert où les voix se font entendre, se perçoivent, s’évaluent, se « Like », la construction de la relation, les attitudes développées tout au long des étapes de sourcing, de mise en relation, d’évaluation réciproque de l’intérêt et de la proposition de valeur… appellent un engagement cohérent, une attention constante, un alignement plus qualitatif entre la fin et les moyens. Il y va de la réputation…

Il n’est pas demandé à cette attention d’être authentique, elle peut l’être au hasard de vraies rencontres… Cette attention doit juste être respectueuse.

Si l’Expérience Candidat contribue aujourd’hui davantage qu’hier à la réputation et à la Marque (pas seulement Employeur) parce qu’elle se vit publiquement, elle doit aussi être pensée comme une composante du recrutement. Les actions, les attitudes, les réactions constituent pour le recruteur comme pour le candidat des sources d’information, d’appréciation et de décision à ne pas ignorer.
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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
jan 23

Recrutement : les attentes du candidat

L’attente majeure d’un candidat qui postule à une offre d’emploi est bien évidemment d’être recruté !

Comme 99 candidats sur 100 ne le seront pas, le recrutement est par nature déceptif pour la presque totalité d’entre eux.

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La déception est aujourd’hui plus forte en raison de l’effort individuel et renouvelé à produire pour trouver un emploi sur un marché du travail sinistré mais aussi en raison de l’automatisation des processus de recrutement qui laisse une moindre place à la relation humaine.

En positionnant les individus au coeur de la production de valeur, le Web social fait évoluer la gestion de la relation dans de nombreux domaines, non-professionnels et professionnels, dont le recrutement. On parle depuis peu de l’Expérience Candidat !

Elan de réhumanisation des relations Recruteur-Candidat ou élément additionnel de création de valeur pour les uns et pour les autres, les pratiques sociales redirigent les projecteurs sur les processus de recrutement et notamment sur les attentes des candidats vis à vis des entreprises et des cabinets de recrutement.

Au fond les attentes des candidats, le « Quoi », n’ont pas foncièrement changé. L’évolution est davantage dans leur prise en compte. L’innovation peut venir des modalités, le « Comment ».

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Où en est ma candidature ?

Par cette question, le candidat est en attente d’une meilleure visibilité sur le processus de recrutement : les étapes, le planning…

Qu’il soit en poste et en recherche d’une nouvelle opportunité ou sans emploi, chaque candidature à une offre d’emploi suscite tout d’abord un espoir, l’espoir d’une opportunité dont la rareté est à la hauteur de l’attention portée.

Le candidat a besoin de gérer sa dynamique de recherche, la connaissance du « quand » en est une composante.

Du côté des recruteurs, la formule retenue ces dernières années et formatée par les outils de e-recrutement proposés consiste à faire parvenir un e-mail automatique qui a 2 objectifs : accuser réception de la candidature et se dispenser à l’avance de la réponse de refus en précisant que si le candidat n’est pas contacté dans un délai de 3 semaines, ce courrier signifie un refus qui vient clore la démarche.

Si la première partie de la réponse répond à une partie de l’attente du candidat concernant la prise en compte de sa candidature et le planning de la première étape de la sélection, les réponses automatiques de ce type créent aussi une frustration forte en raison de la disproportion entre l’investissement en énergie et en temps qu’il a du déployer pour poser sa candidature et le temps d’attention accordé par le recruteur.

Pour les recruteurs qui ont à gérer de nombreuses candidatures et qui s’appuie en général sur des outils de gestion de candidatures, il est plus efficace et tout aussi peu consommateur de temps d’envoyer un premier message accusant la bonne réception du dossier du candidat : »j’ai pris en compte votre candidature, l’étude de cette dernière sera réalisée dans les x jours ou semaines ». Puis d’envoyer un second message dans des délais brefs si la candidature n’est pas retenue.

Les études montrent que si les candidats apprécient le téléphone dans le contact avec le recruteur, l’e-mail ou la messagerie d’un réseau social sont aussi appréciés pour être informé de l’avancement du processus.

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Que pensez-vous de ma candidature ?

Le candidat a une attente forte sur l’évaluation de sa candidature à chaque stade de la sélection.

Elle est directement lié à l’objectif ultime de sa démarche : le résultat.

Elle contribue à l’apprentissage individuel que le candidat doit réaliser pour améliorer au fur et à mesure l’efficacité de ses candidatures et aboutir dans sa recherche d’emploi.

Des ajustements de contextes, lorsque le projet professionnel est clair et la stratégie de recherche a été travaillée.

Un apprentissage plus conséquent quand la recherche n’a pas été suffisamment préparée, réfléchie (nous sommes toujours étonnés de constater qu’il y a, en dépit des difficultés d’emploi, autant de candidats qui n’ont pas professionnalisé leur recherche…).

Il est difficile pour un recruteur de faire un feedback détaillé, oral ou écrit, à chaque candidat aux différentes stades de la sélection, et plus particulièrement lors de la première sélection.

Des éditeurs de logiciels de gestion des recrutements tentent d’aborder la question par l’amont en tentant de réduire le nombre de candidatures non pertinentes, en faisant évoluer les critères en nombre ou en nature (compétences, aspirations, culture du candidat, etc.). Si les candidatures sont plus pertinentes et en nombre réduit, les temps engagés seront moindre tant en matière d’évaluation que de feedbacks aux candidats.

Nous constatons dans nos activités de conseil en ressources humaines auprès d’entreprises, CANDEN, que néanmoins en période de chômage intense, les candidats développent des stratégies de réponses à toutes les annonces, qui de près ou de loin leur pourrait leur correspondre. Une des solutions que nous avons personnellement mis en place dans notre position d’artisan recruteur (cette activité n’étant pas majeure) consiste à qualifier les candidatures inappropriées par 2 ou 3 mots-clés et à regrouper les réponses négatives en précisant à partir de ces quelques mots les raisons du refus.

Si l’effet nombre peut pénaliser l’existence ou la qualité du feedback de la première sélection, il est indispensable à l’issue des étapes de sélection suivantes (entretiens successifs, tests éventuels, etc.) de réaliser un feedback personnalisé au candidat engagé dans le processus.

Si le candidat a des attentes au départ, ses attentes sont renforcées lorsque le recruteur lui a montré un intérêt. Le message comme quoi le profil pourrait convenir appelle une attente forte sur la réponse : « Pourquoi ne convient-il plus ? ». Recruter, c’est aussi refuser. L’activité « refus » est à intégrer au processus de recrutement.

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L’attention est une attente réciproque.

Du recruteur qui souhaite attirer celle des candidats potentiels tout au long de la démarche : du sourcing à la signature du contrat d’embauche.

Du candidat qui a mobilisé sont attention sur l’offre d’emploi, l’entreprise et sur le processus d’évaluation proposé.

L’innovation en matière de recrutement va se poursuivre dans les prochaines années au tour de la dimension « social ».

Pour les recruteurs, le « recrutement 2.0″ ne se limitera pas à une « chasse de têtes » partiellement démocratisée.

Pour le « candidat 2.0″ rechercher un emploi rimera davantage avec une plus grande qualification des sources d’opportunités et des opportunités, elles-mêmes (the social job seeker)

Un recrutement et une candidature plus relationnels et plus interactifs qui favorisera cette attention humaine réciproque.

Les réseaux sociaux ou les éditeurs d’outils de gestion de candidatures ont encore un large champ de réflexions et d’innovation en matière de gestion de la relation Recruteur-Candidat.

Si l’Expérience Candidat est un sujet qui vous intéresse, nous vous convions à assister à l’atelier que nous animerons à #TruParis le 9 février prochain à l’initiative de Link Humans, société de conseil en stratégie de recrutement.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
jan 19

“Recruter, ce n’est pas marketer. Recruter, c’est vendre”




Que pensez-vous de cette affirmation ?
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Voici une phrase-clé et intéressante lancée par Matt Charney (@MattCharney), Social Media Manager chez Monster Monde, sur Focus.com à la discussion #TNL sur la place du mobile dans le recrutement.
Il était intervenu au dernier #TNL Chicago (non-conférence sur le “social recruiting”) lors d’un panel il y a peu, avec encore une fois de nombreux points de réflexion intéressants.

Le marketing du recrutement, c’est du marketing”. Mais cependant, recruter c’est vendre.

Au-delà de la sémantique et des mots de substitution qu’on pourrait mettre, il y a bien une distinction nette à faire.

Il est absolument clair que recruter est la vente d’un rôle spécifique, d’un environnement de travail, en phase avec les aspirations de la personne (culture d’entreprise, objectifs de carrière, etc…) et de l’entreprise en question. On en vient ainsi à la partie “transactionnelle”, qui répond aux objectifs de délai et de cible de talent.

Dans un billet précédent, il était question d’upskilling nécessaire, soit l’acquisition de compétences nouvelles permettant de faire face aux nouveaux challenges.

Dans ce cas, la vente a également changé. L’interconnexion et l’accès aux informations riches permettent d’accélérer les phases d’identification dans la plupart des cas. Les médias sociaux facilitent les dynamiques de communication directe et les rencontres.

La partie marketing vient créer un environnement fertile et propice aux prises de contact, avec pour objectif de préserver l’authenticité des messages et de considérer les salariés comme des ambassadeurs potentiels; d’où un rapprochement entre des départements RH et  ceux du marketing et de la communication.

Et dans cette partie-ci, c’est là où la synchronisation, l’alignement avec la marque corporate est importante; difficile de fidéliser et d’attirer quand les actualités de l’entreprise ne sont pas aux beaux jours.

L’attractivité du secteur d’activité-même et les dynamiques démographiques sont des exemples  d’éléments macro-environnementaux qui s’imposent aux employeurs d’un même marché, et qui influent sur la nature, l’intensité du marketing mis en oeuvre.

Matt Charney a raison de partir à contre-courant et de rappeler la finalité transactionnelle.

Tout le travail d’interactions, d’écoute, de design de l’expérience-candidat et de l’expérience-salarié aussi (finalité relationnelle), doivent tendre vers le renforcement des collaborations actuelles et l’amorce de collaborations nouvelles (selon les différents échanges et l’utilité perçue par les deux parties, candidat et recruteur). Le but est ainsi de mêler ces deux finalités.

Cela remet aussi en question le travail des cabinets de recrutement classiques qui se placent finalement dans la zone transactionnelle. Sans les éléments d’alignement cités plus hauts et la finalité relationnelle, les conditions de recrutement sont autres.

Il est clair qu’une entreprise “cool” telle que Apple part avec des a priori très positifs, de par la marque corporate et le rayonnement des différents produits vendus.

Aujourd’hui, il y a la possibilité, l’opportunité d’aller plus loin pour finalement créer un avantage employeur.

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Auteur : Lilian Mahoukou
jan 17

Quelle est la valeur d’un diplôme ou d’une certification ?

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Tout papier officiel certifiant une formation est un repère fort dans notre société pour les personnes individuellement comme pour les entreprises.

Cependant si détenir ce papier officiel est vu comme une condition majeure d’accès à l’emploi, le niveau d’éducation croissant de la population, les tensions du marché du travail ou la plus grande complexité des organisations ont rendu cette condition peut-être nécessaire mais aussi insuffisante.

Le papier officiel peut paraître aujourd’hui remis en question au profit de la formation tout au long de la vie ou de la validation des acquis de l’expérience qui permet l’obtention d’un diplôme/ d’une certifcation sans formation et dans une certaine mesure par la notion de Talent…

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La valeur Emploi/Salaire ?

La valeur : « ce que vaut un objet susceptible d’être échangé, vendu, et, en particulier, son prix en argent » (dictionnaire).

Le diplôme ou une certification de qualification professionnelle inscrite au RNCP est une reconnaissance officielle d’un parcours de formation, matérialisée par un document. Il/Elle certifie l’acquisition de savoirs et de compétences dans une spécialité professionnelle. Il/Elle traduit aussi un potentiel de compétences et d’aptitudes à travers le parcours de formation réalisé.

La valeur d’un diplôme ou d’une certification pourrait alors s’entendre de l’emploi, et donc du statut et du salaire que le marché du travail, donc les entreprises et autres organismes, reconnaissent à leurs détenteurs. Il constitue tout particulièrement un repère réciproque pour les jeunes diplômés et pour les entreprises qui les recrutent.

Cependant comme évoqué dans notre article « Quelle différence entre un diplôme et une certification ? », la multiplication de ces dernières a donné une dimension commerciale et concurrentielle, un marché mondial de l’Education et de la Formation, publique et privé, a été créé.La logique de Marque est aujourd’hui aussi présente que dans les entreprises.

La valeur d’un diplôme/ d’une certification n’est pas seulement lié au contenu de la formation, aux compétences et savoirs acquis, mais aussi à la réputation de l’organisme qui le délivre. En parallèle, ces organismes deviennent des groupes d’Education et de Formation mêlant diplômes homologués par l’Etat, certifications reconnues par le RNCP, certifications d’établissement… ces derniers n’yant pour valeur d’usage que la réputation de l’organisme qui le délivre. D’où aussi les classements d’établissement, les salons dédiés aux formations, etc.

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La valeur productive

Cependant après quelques années, l’expérience professionnelle vient forger des compétences et des savoirs différents de ceux acquis durant la formation initiale. La valeur d’usage du papier, officiel ou non, s’estompe au bénéfice de la valeur productive de chaque individu dans l’entreprise tout d’abord, puis sur le marché de l’emploi. Le salaire s’évalue individuellement et selon un référentiel interne à l’entreprise, formel ou informel (cf. Convention Collective). Le management des jeunes talents ou des hauts potentiels illustre cette évolution de la valeur « diplôme » à la valeur « productive » dans l’entreprise et sur le marché de l’emploi.

NB : Dans certaines organisations, le diplôme reste néanmoins culturellement un sésame en matière de promotion interne. Qui ne connait pas d’entreprises où les cadres dirigeants sont nécessairement diplômés des meilleures universités, écoles d’ingénieurs ou de commerce, quite à aller chercher un diplôme en une année ou deux en formation continue… (cf. le marché des MBA et autres formations professionnelles continues diplômantes).

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La valeur Employabilité ?

Les environnements des entreprises (changements continus, innovation, etc.) et l’évolution du marché du travail (chômage structurel, précarité, etc.) ont fait évoluer les conditions d’emploi.

Le développement des compétences et la formation tout au long de la vie ont été identifiées comme les nouvelles conditions de l’employabilité et de la mobilité professionnelle. La mise en place de certifications multiples accessibles par la formation ou la VAE répond à cet enjeu comme il répond à la nécessaire adaptation continue des formations aux besoins économiques.

Le rétrécissement actuel du marché de l’emploi en dépit des tendances démographiques favorables vient chahuter ces options, de nombreuses personnes qualifiées ne trouvant pas d’emploi et les entreprises ayant des difficultés à recruter.

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La valeur Réseau ?

De nombreux établissements de formation valorisent, en complément de la formation délivrée et du diplôme/certificat, le réseau de diplômés auquel ils donnent accès.

Valeur reprise aujourd’hui par les réseaux sociaux avec une démultiplication des relations potentielles… qu’il faut dans les deux cas construire, consolider et animer.

Le réseau issu de l’appartenance à une communauté de « diplôme » peut contribuer à la valeur Emploi et Employabilité du « diplôme » pour chaque individu. La performance professionnelle de chaque diplômé, la cooptation, la veille sur les opportunités… y contribuent, avec néanmoins un processus sélectif. Cette communauté de « diplôme » pouvant elle-même ouvrir les portes d’une communauté professionnelle élargie, plus ou moins diversifiée…

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La valeur du « diplôme » est ancrée dans notre culture et nos pratiques, c’est un repère d’emploi mais également de formation, un diplôme ouvrant la voie à un autre diplôme.

Le diplôme d’Etat délivré définitivement sera-t-il revalorisé d’un marché hétérogène et mouvant des certifications ? Ou bien la valeur productive de formations tout au long de la vie sera-t-elle davantage reconnue par le marché du travail ?

Dans un monde aussi ouvert que le notre, les savoirs et les compétences se forgent aussi dans la vie sociale… Faudra-t-il aussi des certifications pour les faire reconnaître ?

Quel est votre avis ?

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
déc 20

Un seul CV DoYouBuzz pour les candidats ! un vrai service, une exigence aussi…

DoYouBuzz est une plateforme qui vous permet d’élaborer votre CV en ligne, sous une forme attractive et personnalisée, et de bénéficier d’un réfèrencement optimisé sur les moteurs de recherche.

Après le profil Emploi qui permet de préciser les axes de sa recherche et de l’évolution souhaitée, DoYouBuzz propose aujourd’hui aux candidats de déposer en une seule fois leurs CV en format Web sur 3 sites d’emploi : regionsjob.com, cadremploi.fr, lesjeudis.com. D’autres sites d’emploi suivront probablement.

Ce nouveau service est à forte valeur ajoutée pour les candidats à un emploi. Il permet de gagner du temps lors de l’inscription sur les différents sites d’emploi, de ne pas se perdre dans la gestion de versions multiples de CV, de faciliter la mise à jour du CV sur les différents supports.

logo DYB

Et les réseaux sociaux …

En qualité de professionnels des ressources humaines et de l’emploi, nous ne pouvons que regretter que les réseaux sociaux professionnels n’aient pas intégré eux-aussi et dans ce sens (actuellement vous pouvez importer vos données Viadéo ou LinkedIn pour établir votre CV DoYouBuzz) le format du CV en ligne.

Comme nous l’avions souligné dans notre article « Ne mettez pas votre CV sur votre profil social », il nous semblerait plus adapté à la logique d’approche directe dans le recrutement mais aussi aux pratiques « social » que le profil social soit avant tout une présentation générale de chaque membre orientée vers ce qu’il souhaite.

Le profil ainsi présenté favoriserait un premier niveau d’intérêt pour une mise en relation.

L’accès au CV détaillé (notamment dans le format DoYouBuzz) constituerait une deuxième étape de la relation que chaque membre évaluerait comme pertinente ou pas selon les objectifs qu’il poursuit.

Tous les profils en ligne ne sont pas en recherche d’emploi ! Le CV n’est pas le socle du Personnal Branding ! Nous ne sommes pas que notre CV, etc., etc.

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Un seul CV : une nouvelle exigence pour les candidats…

Le CV en ligne, unique, facile à mettre à jour et déposable en un clic simplifie la vie des candidats.

A cet avantage correspond une nouvelle exigence :  celle de disposer d’un CV unique pertinent et cohérent avec les objectifs d’emploi. Habituellement, les candidats disposent de plusieurs CV adaptés aux candidatures qu’ils présentent, à minima dans le titre du CV pour coller au mieux à l’annonce ou aux exigences des outils de sélection de CV.

Disposer d’un CV unique nécessite de conduire préalablement une réflexion approfondie sur son projet professionnel, de revisiter son parcours pour le mettre au service des nouveaux objectifs d’emploi, de porter une attention professionnelle à la rédaction.

Le site DoYouBuzz propose un formidable outil de communication et de valorisation de votre projet professionnel et de votre parcours avec une aide à la structuration et à la mise en forme de grande qualité. Et il serait plus pratique pour tous (candidats et recruteurs d’utiliser ce format…).

Pour autant, l’efficacité du contenu du CV relève de la gestion personnelle de chaque candidat, de la compétence à s’orienter et à rebondir avec objectivité, curiosité, tactique…

Une exigence qui n’est pas nouvelle, mais que les systèmes d’informations renforcent… Peut-être une exigence qui se révèlera être une opportunité pour prendre réellement, avec professionnalisme, sa carrière en mains !

et peut-être en ligne avec id-carrieres :-)

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
déc 14

Pourquoi recruter via les médias sociaux ?

Nous rebondissons sur l’interview express de Jean-Noël Chaintreuil réalisé lors de la Social Recruiting Conference à Paris le 1er décembre pour prolonger l’échange d’idées et d’expériences sur la question du « Pourquoi ».


Pourquoi développer une stratégie de recrutement via les médias sociaux ?

Jean-Noël Chaintreuil retient principalement 3 objectifs :

  • accéder à de nouveaux profils, non repérés jusque là par les actions classiques de recrutement par annonce, par approche directe ou par le réseau relationnel physique…
  • élargir l’espace géographique de recrutement pour des entreprises internationales ou mondialisée comme Air Liquide,
  • accroître la réactivité du recrutement, dans le sens de la réduction des délais d’intégration de nouveaux collaborateurs dans l’entreprise.


Les entreprises les plus avancées dans l’utilisation des medias sociaux dans leurs processus de recrutement présentent souvent « comment elles font  » mais dévoilent plus rarement leurs objectifs stratégiques.

Expérimentation ? Ou confidentialité des enjeux de recrutement, révélateurs des enjeux et pratiques RH internes, dans une bataille des talents… dans un contexte concurrentiel relevé …?

Probablement les deux.

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Expérimentation parce que les médias sociaux constituent un espace nouveau et en évolution continue.

Une sorte de voyage en terre inconnue, déconnecté les premiers temps des processus et des enjeux externes et internes de l’entreprise.

Un round d’observation. La dynamique étonne au départ.

Un effet démultiplicateur, loin des repères habituels, notamment les volumes. La dynamique est aussi envoutante ou grisante, la relation facilitée est attractive et laisse entrevoir des opportunités diverses (clients, candidats, partenaires, etc.).

Un voyage en terre inconnue réalisé par un ou quelques sherpas, à titre personnel ou plus directement mandatés, avec l’aide ou non de conseils   »relativement plus » expérimentés…

Le sherpa entrepreneur ou mandaté devient sponsor d’initiatives plus opérationnelles, le plus souvent toujours en logique expérimentale et sous observation des livrables et des ROIs à la « mode d’avant ».

Dans le cas du recrutement, il est intéressant d’observer que l’approche « vivier de candidats » a laissé la place à la Marque Employeur, puis à la mobilisation des salariés, et donc à la politique RH interne qui elle-même fait son entrée dans le marketing global de l’entreprise, la fameuse Marque.

Cette même politique RH se ré-alimenterait des pratiques sociales (motivation, apprentissages, reconnaissance, sentiment d’appartenance, etc.). Un vrai business modèle 2.0 où la valeur additionnelle créée est générée par la dimension « social ».

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Les entreprises comme Deloitte, Vivaki-Publicis, AutoDesk ou Danone … qui ont témoigné lors de la Social Recruiting Conference de leurs approches et de leurs réalisations mais aussi du Pourquoi recrutent-elles via les réseaux sociaux ? sont à un stade de maturité avancé à la fois en matière de marketing-communication et de politique RH.

Et au-delà de la maturité, ces entreprises démontrent aussi leur capacité à assumer leur stratégie et leur culture, avec à n’en pas douter leurs imperfections… dans un processus d’apprentissage continu à ciel ouvert.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
déc 9

Client, Candidat, Collaborateur, Compagnie : les 4 C vertueux du Social ?

Les conférences du mois de décembre sur le Social Recruiting (recrutement notamment via les medias sociaux) ou le Social Customer Relationship Management (la gestion de la relation clients notamment via les medias sociaux) font converger l’ensemble des enjeux, des objectifs, des processus de l’entreprise principalement vers 3 cibles :

  • le prospect ou le client qui, au-delà d’acheter le produit ou le service, réinjecte de la valeur dans les processus de l’entreprise, volontairement ou non, notamment en matière de marketing ou d’innovation produit/service…
  • le candidat, ce « nouveau » salarié à trouver sur les réseaux sociaux, et si possible la perle rare que l’entreprise n’avait pas encore pu attirer ou repérer…celui qui demain dans l’entreprise contribuera à faire la différence…
  • le collaborateur, retrouvé, « repositionné » en contributeur stratégique et en ambassadeur de l’entreprise qu’il faut remotiver, réengager dans l’entreprise…

Comme le dit Brian Solis, l’adoption des médias sociaux ne se fera que si le bénéficiaire final le demande. Il le demandera si cela lui est utile.

La logique « social » en matière économique/business sous-entend la co-création de valeur, donc un engagement actif.

Pour s’y engager, les deux parties, l’entreprise et l’individu, doivent donc y chacun trouver des impacts utiles.

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Pour l’entreprise dont la vocation première est de créer de la valeur, l’adoption des médias sociaux en matière de marketing, de vente, de recrutement ou de gestion des ressources humaines passe par la validation de l’effectivité de cette valeur « sur-ajoutée » de par la collaboration avec les parties prenantes, externes et internes.

Hors dans l’espace digital, cette collaboration doit d’abord être construite. Elle passe par un processus, long et durablement cohérent et authentique, pour entrer en contact avec la cible, la sensibiliser, échanger avec elle, puis l’engager activement.

La validation de l’effectivité nécessite donc du temps et des expérimentations dans un univers d’innovations rapides, des temps qui ne sont pas les temps communs de l’entreprise.

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Pour les individus, l’utilité des médias sociaux peut-être motivée par une valeur financière directe (travailler pour le candidat ou le collaborateur), ou plus indirecte (des services rendus eux-mêmes générateurs à retardement de revenus comme le réseau relationnel pour le candidat ou le collaborateur). L’utilité peut aussi relever d’une dimension plus immatérielle, le plaisir, le jeu, etc.

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Au-delà du suivi presque mécanique d’une tendance lourde ou de l’attractivité première qui peut conduire à l’adoption des médias sociaux, les acteurs du social business devront faire évoluer leur proposition de valeur, recréer de la valeur, notamment en échanges des données et des contenus transmis par le client, le candidat, le collaborateur au bénéfice de l’entreprise (si elle sait les exploiter) … et de la confiance accordée.

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En cette fin d’année 2011, plusieurs acteurs et observateurs ont questionné la valeur intrinsèque ou additionnelle qui peut être créée par l’utilisation des médias sociaux pour les entreprises et pour les personnes individuellement, le client, le candidat, le collaborateur.

Les approches marketing et les problématiques de traitement et d’analyse des données sont en pleine ébullition. La puissance des organisations dans ces domaines sont infiniment supérieurs à celle des individus, même regroupés en communautés d’intérêts, plus ou moins sincèrement partagés…

La notion de « Social » renforce certes la dimension relationnelle au service de la co-création de valeur, mais dans un esprit de partage, de loyauté, de sincérité, d’authenticité… de belles valeurs qui ne peuvent se vivre que si les utilités convergent, même si leurs natures diffèrent.

Un changement majeur de paradigme qui nous enthousiasme (certains disent « réanchante »), l’espoir d’une société plus humanisée presque paradoxalement portée par la mécanique des systèmes d’informations et de communication.

Un nouveau paradigme qui interpelle sur la nature de ce qui nous est utile et sur les moyens de l’obtenir. Nous ne créerons pas, et encore plus co-créerons pas de la valeur et donc de l’utilité avec un vieil état d’esprit.

Marketer, vendre, recruter, candidater, manager … via les médias sociaux, en e-acteur ou en additionnel, implique une nouvelle socialisation des entreprises et des personnes individuellement.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
déc 7

User des médias sociaux pour le recrutement : la fatigue du candidat

California-Gold-Rush

Cette photo est une affiche reprenant la ruée historique vers l’or au milieu du 19è siècle. Ce mouvement est à associer à un engouement, à la perception d’un gain important. James Marshall fut le premier à trouver de l’or en 1848. Par effet de boule de neige, l’intérêt pour cette aventure s’est amplifié et des flux migratoires importants ont été constatés.

Quel lien entre la ruée vers l’or et la Social Recruiting Conference qui avait lieu à Paris Jeudi 1er décembre ? Pourquoi est-ce important de partir de ce point de vue ?

Le sur-enthousiasme vis-à-vis des médias sociaux et l’incompréhension du décalage nécessaire sont deux trappes à part entière.

Passer par les médias sociaux peut, paradoxalement, rendre l’expérience candidat moins intéressante et développer une fatigue.

Il s’agit du contexte dans lequel le candidat serait sur-sollicité et exprimerait un rejet. De là, il est quasiment certain que l’employeur grille les chances de créer un lien durable et de se faire recommander.

Si des statistiques tentent de démontrer une adoption importante, alors qu’en faire et par où commencer ? Ces éléments chiffrés sont-ils valables pour le monde entier, pour un continent précis, pour un pays, pour un secteur d’activité ou encore pour un métier spécifique ?

Les différentes études sont des indicateurs. Cela dit, il n’y a rien de mieux que de partir de sa propre situation. Il y a certes des potentialités d’usage, quelles sont-elles ?

On observe un parallèle révélateur entre le marketing et le recrutement. En effet, quelques années en arrière (et encore aujourd’hui), de nouvelles pratiques et de nouveaux métiers ont vu le jour. C’est le cas du fameux « community manager » qui, de par sa polyvalence, va très souvent jouer le rôle d’interface entre l’entreprise et les clients.

Que vous le souhaitiez ou non, des conversations ont lieu sur vos marques, sur votre entreprise, en ligne ou dans la vraie vie. La notion de contrôle est dépassée et celle d’engagement prend de la valeur.

En revenant encore en arrière, Seth Godin avait écrit le livre « Permission Marketing » en 1999, une approche marketing qui se veut être à l’opposé du marketing de l’interruption jugé trop intrusif et transactionnel.

Et dans un monde où il existe une multitude de marques, les futurs clients sont sur-sollicités, et le phénomène s’accentue au fur et à mesure que la lutte pour l’attention se développe. L’usage des médias sociaux est un coût relativement léger et la communication est très directe.

On en vient à la fatigue du client. Ce dernier devient beaucoup plus sélectif et dispose de moins d’attention.

Interruption. Permission. Le passage de l’un à l’autre va dans le sens d’une personnalisation, du respect des choix et des préférences du client et de l’objectif de construire une relation durable.

Nous ne parlerons pas de fatigue du client mais bien évidemment de fatigue du candidat. Trois exemples :

- sollicitations directes et fréquentes pour des postes qui ne correspondent pas aux aspirations du candidat, ou pour des demandes de recommendations de candidats,
- des contenus majoritairement à base d’offres d’emploi ou de publicités RH autres,
- des invitations fréquentes à des évènements trop corporate et pas assez en phase avec les attentes des candidats.

Cette fatigue est étroitement liée à la qualité de l’expérience-candidat même.

Quelques points à explorer pour aller dans le sens d’une expérience positive (associée à une marque commerciale performante) et créer de l’enthousiasme chez le candidat :

- intervenir bien en amont de la diffusion d’offres d’emploi
- travailler sur sa proposition de valeur employeur et optimiser l’expérience-salarié
- écouter, se connecter et engager la conversation en premier lieu
- penser « permission », « opt-in » (attirer plutôt qu’être pushy)
- opter pour une fréquence raisonnée de partage de contenus
- créer du contenu donnant plus d’éléments sur l’expérience-salarié (vaste terrain d’innovation) et donner le micro aux salariés-mêmes

Au fur et à mesure que le niveau d’adoption des médias sociaux par les recruteurs haussera, la production globale de contenus aura la même tendance et les risques de fatigue également (en fonction des pratiques employées).

Les médias sociaux sont des facilitateurs de connexions, de rencontres.

La fabuleuse opportunité réside ainsi dans la création de relations durables, de l’approfondissement progressif des liens et l’établissement d’un pont solide entre employés et candidats au final.

Sans cette vision sur le long terme, sans la cohérence, l’adoption du bon état d’esprit, l’optimisation de l’expérience-salarié et de l’expérience-candidat, on en vient à se noyer dans une lutte stérile pour l’attention.

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Auteur : Lilian Mahoukou