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mar 16

Vos stages : un enjeu pour votre premier emploi

De plus en plus de formation intègrent des périodes de stages en entreprise, stages par ailleurs souvent obligatoires pour l’obtention du diplôme. Il est de plus en plus fréquent que de jeunes diplômés fassent valoir 12 à 24 mois d’expérience en entreprise à l’issue de leur formation (BTS, Ecole de commerce ou d’ingénieurs, IUT, IUP, …).

L’objectif principal d’un stage obligatoire est de professionnaliser l’étudiant : connaître l’entreprise, mettre en application et renforcer les connaissances, travailler en équipe, développer un comportement « professionnel », identifier ou valider une orientation professionnelle, …  et pour les stages de fin d’études s’ajoute l’enjeu du recrutement pour un premier emploi.

Un exemple. En première année de BTS, les activités réalisées pendant le stage doivent être présentées à l’examen final et comptent pour l’obtention du diplôme. L’étudiant en première année dispose de peu de compétences à faire valoir à l’entreprise et doit tout de même dégoter un stage répondant aux attendus de sa formation.

Hors malgré l’offre importante de stages relayée par de nombreux sites et certaines institutions de formation, les étudiants rencontrent des difficultés non seulement pour en trouver un stage et pour en trouver un qui correspond aux objectifs de la formation dans laquelle ils sont engagés.

Le réseau de la famille et des amis est un des moyens privilégiés pour trouver une entreprise d’accueil du stagiaire. Les réseaux d’école également. Les entreprises engagent chaque année un ou plusieurs stagiaires de telle école par habitude, et les étudiants de ces écoles transmettent aux plus jeunes les contacts du stage de l’année précédente. Les étudiants à l’université sont dans ce domaine moins bien outillés et aidés que les étudiants en écoles supérieures (Les Echos 12/2009 Insertion professionnelle : les universités contraintes de rendre des comptes). Et les choses se compliquent lorsque le stage doit se dérouler à l’étranger (contact, coût, logement, …).

De leur côté, les entreprises recherchent le plus souvent un complément de ressources productives et intègrent assez mal les objectifs de formation du stagiaire et son accompagnement. Dans le cas d’un stage obtenu grâce à une relation personnelle, c’est tout ou rien selon la nature et l’enjeu de la relation : soit le stage est riche (on vous en fait voir un maximum) soit il est ennuyeux (c’est déjà bien qu’on vous ait pris).

Au-delà de l’objectif de professionnaliser l’étudiant pendant sa formation, le stage est aussi à considérer comme un premier élément de construction de l’employabilité et de l’insertion dans le marché du travail.

Il est frappant de constater à quel point un premier « bon » stage peut conditionner l’obtention d’une second « bon » stage (en général, grâce au nom de l’entreprise dans laquelle le premier a été effectué, mais attention aussi aux usines à stagiaires qui ne riment pas forcément avec stages enrichissants). Par ailleurs, les stages deviennent  ou non un atout pour décrocher son premier emploi.

La recherche d’un stage n’est pas une démarche réalisée avec enthousiasme par la majorité des étudiants, les actions qu’elle nécessite font appel à de nouveaux ressorts auxquels ils ont été plus ou moins bien préparés par l’organisme qui les forment.

Cependant, la recherche d’un stage constitue une première expérience de recherche d’un poste (de stagiaire) avec le CV, les lettres de motivation, les appels téléphoniques, les entretiens … Les périodes de stage seront aussi les premières expériences professionnelles à valoriser et à argumenter pour la recherche d’un premier emploi.

Dans un contexte d’enjeux aussi forts de développement des compétences et d’emploi des jeunes, les stages en entreprise comme l’alternance devraient faire l’objet d’une coordination systématique entre l’entreprise et l’institution de formation, davantage d’entreprises devraient les appréhender comme une contribution citoyenne (suggestion pour les communications sur la responsabilité sociale ) à la formation des plus jeunes et davantage d’institutions de formation devraient intégrer des ateliers dédiés à la construction d’un projet professionnel et à la recherche d’un stage et d’un emploi.

Dans un contexte d’enjeux aussi forts de développement de leurs compétences et d’accès à leur premier emploi, les étudiants doivent conduire une réflexion à part entière sur les objectifs de leurs stages et construire une stratégie qualifiée de recherche. Leurs institutions de formation doivent les y aider.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
mar 2

Formation et Emploi : le big bazar français !

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Pour qu’un étudiant, un salarié, un Responsable RH, un dirigeant de PME, un commerçant et d’autres arrivent à se retrouver dans les dispositifs nationaux et locaux en matière d’Emploi et Formation, il leur faut beaucoup de courage, beaucoup de temps et un peu de paracétamol.

FPSPP, FUP, CNFPTLV, OPCA, AFPA, FONGECIF pour la Formation … POE, CTP, ARE, ACRE, PARE … pour l’Emploi.

Retenir les acronymes n’est rien à côté de l’effort intellectuel qui faut faire pour comprendre comment ça marche, qui décide de quoi, quelles sont les démarches, à quoi s’applique chaque dispositif, s’il existe encore ou par quoi il a été remplacé.

Les rapports de la Cour des Comptes (et d’autres audits et études) sont remplis de constats sur la non adoption de tel dispositif, le manque de communication de telle réglementation. Pas étonnant, tellement tout est complexe, imbriqué et difficilement accessible aux non spécialistes.

Si nous convenons que les situations à traiter en matière d’Emploi et de Formation sont diverses, pourquoi néanmoins tant de complexité, d’empilement, de croisement, d’exceptions ?

A croire que les partenaires sociaux (encore plus étonnant de la part des syndicats de salariés), l’Etat, les Régions n’ont pas les idées claires sur les politiques à conduire en matière d’Emploi et de Formation, sur nos besoins individuels et nos enjeux, sur les besoins des entreprises et leurs enjeux. Ils devraient peut-être passer comme Florence Aubenas quelques semaines dans la peau d’un étudiant, d’un jeune diplômé, d’un salarié, d’un demandeur d’emploi, d’un patron d’entreprise pour mesurer la portée sur le terrain de leurs décisions et de leurs textes.

Comment peut-on être un pays agile dans un environnement chahuté avec tant de lourdeurs ?

Comment un salarié peut-il être « Acteur de son parcours professionnel » quand il lui faut être aussi un spécialiste en droit du travail et en droit tout court ?

Courage, rendez-vous le 5 mars prochain pour une nouvelle vague de dispositifs et d’exceptions cf. Le Monde.fr  »Sécuriser et consolider les parcours professionnels » et on continuera à se demander :

  • où en est l’objectif de sécuriser les parcours professionnels ?
  • quel est l’impact de l’extension du contrat de transition professionnel ?
  • Le droit à la formation (DIF) est-il utilisé ?

et on répondra : « Le taux d’accès des salariés à ce dispositif (le DIF) reste faible mais en progression à 5,7 % en 2008 contre 3,6 % en 2006″.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY