Articles avec le tag ‘Entreprise’

nov 29

Pourquoi serai-je un salarié 2.0 ?

Les usages participatifs du Web questionnent avec une intensité croissante l’approche collaborative des entreprises notamment au travers des pratiques sociales des plus jeunes.

Effets de mode ou tendance lourde, comment concilier le désengagement des entreprises face à l’emploi, la l’individualisation des parcours professionnels avec des pratiques participatives, qui peuvent dans certains cas dépasser le cadre même de l’entreprise, voire du contrat de travail ?

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Rejoignant, pour partie, les objectifs du Knowledge Management (Gestion des connaissances), très en vogue au début des années 2000, les directions d’entreprise s’interrogent aujourd’hui sur comment proposer auprès des plus jeunes salariés (les autres aussi en ont besoin !) des démarches de coopération et de partage, dont on redécouvre les bienfaits en matière de créativité, de capitalisation des savoir, de motivation, de lien social…

Comment engager, motiver des salariés à formaliser pour l’entreprise ses connaissances et ses compétences, à représenter ou relayer l’entreprise dans ses actions de promotion ou de recrutement sur des réseaux sociaux alors que tous les salariés savent qu’ils ne sont que de passage dans l’entreprise, une boîte dont le couvercle reste désormais ouvert…

Comment pourrais-je promouvoir une image employeur ou un produit sur LinkedIn en 2010 pour Coca Cola et en 2012 pour Pernod Ricard, sachant que tout ce que j’aurai écrit sera retenu par les moteurs de recherche ? Sauf à être ou à jouer à Alexandre le bien heureux… « C’était bien, je suis toujours resté(e) en bon terme avec mon employeur et mes collègues ».

Que faire d’un blog individuel soutenu par mon entreprise et vaisseau de sa stratégie de visibilité sur le web, voire de veille, dont les contenus sont alimentés par mes missions quotidiennes formalisées par un contrat de travail, si demain je travaille pour une autre entreprise ?

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Pas simple !

Voilà quelques idées en vrac pour tenter de répondre à ces questions et engager le débat :

Je me suis d’abord dit qu’il fallait que l’entreprise élabore une charte interne de communication et de coopération prévoyant comme d’habitude toutes les modalités cas, et les cas plus tordus… peut-être aussi intégrer dans les contrats de travail individuel des clauses spécifiques pour les fonctions les plus concernées.

Encore un exercice juridique pas simple, me direz-vous. Il est difficile d’y échapper dans une relation par nature contractuelle. La problématique peut rejoindre dans certains cas celles de la propriété intellectuelle ou des brevets élaborés par des salariés sous contrat de travail avec les moyens de l’entreprise.

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Je me suis ensuite rappelée de la maxime de mon premier directeur chez Schneider qui me disait, « il n’y a pas de problème technique, il n’y a que des problèmes humaines »… J’ai donc creusé la thèse des intérêts « sociaux » réciproques, pas simple non plus…

Pourquoi en tant que salarié aurais-je envie de partager mes connaissances et mes expériences, les inscrire durablement dans un système d’information interne ou externe, prendre du temps à échanger sur des sujets professionnels avec d’autres personnes internes ou externes au-delà de mon périmètre d’équipe et d’action, recruter pour mon employeur dans mon réseau personnel direct ou élargi donc susciter l’engagement d’une autre personne dans une entreprise dont je connais les avantages et les inconvénients ? etc, etc.

Le paradis « Entreprise » doit aussi exister … et ces questions ne se posent pas si je suis pleinement heureux(se) et serein(e) dans mon entreprise (job intéressant, bien rémunéré, de bonnes conditions de travail, des perspectives d’évolution, un management motivant, etc.). En revanche, si j’ai quelques rancœurs, amertumes, déceptions accumulées … la démarche sera plus difficile.

Et si les salariés n’avaient plus le choix pour des raisons formelles ou informelles. Pour des raisons formelles, on rejoindrait le contenu du poste avec le contrat de travail ou les pratiques internes avec la charte…

Pour des raisons informelles ?

Les salariés auraient intégré le « Personal Branding » Effet de mode ou tendance lourde, c’est à la fois une tendance positive de réaffirmation de l’individu face au collectif donc de pouvoir rééquilibré (surtout dans l’entreprise, car dans notre société l’individualisme est déjà de mise depuis longtemps…) mais aussi une tendance exigeante voire risquée qui nécessite d’acquérir de nouveaux savoir-faire …

Les salariés auraient aussi intégré que dans une économie de la connaissance et mondialisée, les compétences et l’identité professionnelle se construisent sur un terrain de jeu élargi, dans l’échange, la coopération, le partage de connaissances et d’expériences, un apprentissage de personne à personne… mais aussi que les compétitions individuelles sont désormais dépassées …. Difficile à croire quand on évoque en parallèle l’individualisation des parcours professionnels ou la guerre des talents…

Sans en retenir les difficultés et les contradictions, on peut aussi conclure que le nouveau paradigme professionnel n’est certainement pas vrai pour tous les métiers … que la tendance du Personnal Branding peut renforcer la fracture numérique entre ceux qui savent faire un peu, beaucoup et les autres…

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Faut-il alors rechercher du côté des directions d’entreprise les dispositifs crédibles qui motiveront les salariés à jouer le jeu de l’entreprise participative ? Plus de lien social, plus de sens au travail, plus de valorisation, plus de reconnaissance, un package de départ plus volumineux… pour un engagement participatif individuel infaillible même si le contrat est à durée déterminée ?

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L’entreprise 2.0 est un concept motivant et qui a du sens, comme dans une moindre mesure le Knowledge management a pu l’être en son temps. Trop outillé, trop productiviste, il a probablement manqué au KM la dimension humaine et le contexte sociologique qui pousse, éléments dont bénéficient aujourd’hui le concept de l’entreprise 2.0.

Si les entreprises ne réforment pas en profondeur leurs gestions des ressources humaines et leurs modes de management divers, si tant est qu’elles puissent le faire dans la bataille économique et financière qu’elles livrent par ailleurs, le concept de l’entreprise 2.0 se résumera peut-être à l’entreprise avec un saupoudrage de 2.0 … que la moindre tempête économique ou un nouveau concept balaieront …  D’autres ont déjà connu le même sort.

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Etes-vous un salarié 2.0 ou souhaitez-vous l’être ? Qu’est-ce qui vous motive ou vous motiverait à le devenir ?

N’hésitez pas à partager votre vécu ou vos réflexions en commentant cet article.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
jan 26

L’entreprise est-elle suffisamment sociale pour intégrer les media sociaux ?

Je reprendrai tout d’abord la définition des media sociaux donnée par Fred Cavazza sur son blog MediaSociaux.com : Les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité“.

Et je la complèterai par la description donnée par Vincent Berthelot sur son blog Conseil Web Social : « La vision du web social dans un usage public, citoyen c’est celle de la possibilité de trouver non seulement des réponses sur à peu près n’importe quel sujet mais rentrer en contact avec les personnes qui s’intéressent au même sujet ou en sont experts. C’est celle de se sentir libre de poster ses photos, vidéos et de les partager avec sa famille, ses amis ou la terre entière. C’est celle de rejoindre des causes qui nous importent, de s’associer, participer à des recherches, des projets, des événements, de se sentir relier  par ces atomes crochus à d’autre personnes sans frontières géographique. »

Je retiendrai pour ma part que les initiateurs des technologies de l’Internet ont ouvert la voie à de nouveaux usages : de nouveaux modes de partage de l’information, de communication, d’expression, de relation, de collaboration …. et que ces nouveaux usages influencent fortement nos sociétés dans toutes leurs dimensions : économiques, sociales, politiques, etc.

Je vous recommande sur ces sujets les analyses de Fabrice Epelboin dans la revue Read Write Web France

Depuis longtemps et au fur et à mesure que les outils et les usages se développent, les plus experts s’interrogent ou tentent une vision prospective sur l’adoption par les entreprises de ces média sociaux en tentant de lister les intérêts qu’elles pourraient y trouver.

D’un point de vue Business, on pourrait dire que c’est plutôt bien parti … : gestion de la marque sur le web, gestion de communautés de consommateurs fidèles, ponctuels ou potentiels, etc. etc.

D’un point de vue Pilotage/Management, on pourrait peut-être dire qu’en prolongement des rares intranets les plus évolués (les collaboratifs) ou d’une culture du management de projets dans certaines entreprises, il y a quelques initiatives dont les principaux objectifs sont généralement de développer le recueil d’idées, la créativité, l’initiative, le partage d’expériences, etc. sur des périmètres bien balisés : les projets (un début/ une fin).

D’un point de vue Gestion des Relations Humaines et Sociales, l’entreprise est pour moi sur de nombreux aspects de son fonctionnement à l’opposé des media sociaux : les informations, les relations, les coopérations, la communication … sont largement réglementées, codées, réglées, … Les relations entre les entreprises et leurs salariés ont fortement évoluées ces 25 dernières années. Les salariés comme les entreprises ne projètent plus leur collaboration dans la durée. Les 2 parties cherchent à engranger à court terme des ressources. Les initiatives de dialogue et d’échange des directions sont regardées avec méfiance par les salariés. La majorité des salariés font le dos rond et ne prennent pas d’initiatives … le droit à l’erreur se faisant rare …. Les gouvernements ont dû créer depuis 12 ans de nouvelles lois pour contraindre les entreprises à entretenir et à développer l’employabilité de leurs salariés puisqu’elles ne s’engagent plus en termes d’emploi. C’est aussi ces constats qui ont conduit à la création d’id-carrières : on demande aux salariés d’être désormais « acteur de leur parcours professionnel » mais de quels leviers disposent-ils individuellement ?

L’entreprise ne sera pas plus sociale en adoptant des « semblants » de média sociaux dans ses pratiques internes, car l’entreprise ne s’inscrit plus dans ce rôle. Demandez aux actionnaires ce qu’ils en pensent …



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Auteur : Marie-Pierre FLEURY