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L’entrepreneuriat des jeunes rime-t-il avec solidarité générationnelle ?

L'entrepreneuriat des jeunes rime-t-il avec solidarité générationnelle ?

Cet article est né d’un échange avec Coryne Nicq, notamment en charge du Mondial des Métiers ou des Entrepreneurs d’avenir. Comme beaucoup de personnes, Coryne partageait son enthousiasme sur l’état d’esprit entreprenant des jeunes d’aujourd’hui, leurs initiatives entrepreneuriales notamment dans le digital, leur audace aussi (très à la mode actuellement)… Et c’est exact que ça fait plaisir à voir !

 

L’Entrepreneuriat essentiellement porté par la solidarité générationnelle ?

Je faisais remarquer à mon interlocutrice deux éléments qui nuancent, selon moi, la tendance entrepreneuriale constatée :

  • D’une part, ces initiatives d’étudiants ou de jeunes diplômés sont favorisées dans bon nombre de cas par le soutien matériel des parents (effet Tanguy), voire des grands-parents (génération Pivot).

Au train où se développe la précarité socio-économique, les générations suivantes ne pourront plus probablement apporter le même soutien aux plus jeunes (parent isolé, chômage, temps partiel, réduction de l’épargne…).

  • D’autre part, nous sommes nombreux à constater, et des études l’attestent aussi, que ces projets entrepreneuriaux sont rapidement impactés par l’évolution naturelle de la vie personnelle. La création d’une famille conduit très souvent ces jeunes adultes à revoir leurs besoins et leurs priorités en matière de rémunération. Ils recherchent alors davantage à sécuriser leurs revenus et se projètent dans un job de salarié. Même si effectivement aujourd’hui, ce statut salarié n’est plus synonyme de sécurité, mais il semble réduire les risques perçus.

L’étude de l’OCDE sur l’entrepreneuriat des jeunes en Europe pointe à ce sujet que les entreprises créées par des jeunes ont une espérance de vie plus faible que celles créées par des personnes plus expérimentées. Essentiellement en raison de la nature des projets qui comportent de faibles barrières à l’entrée, mais aussi en raison des compétences des jeunes entrepreneurs, du réseau, des financements…

Peu de jeunes créent ou parviennent donc à sécuriser un travail et des revenus par l’entrepreneuriat. Il faut aussi retenir de cette étude, un point positif : les jeunes entrepreneurs qui passent le cap des 3 premières années dirigent des entreprises qui ont le plus fort potentiel de croissance !

La dégradation des conditions d’emploi et donc de vie telles que nous les avons connues depuis 70 ans constitue un nouveau paradigme qui angoisse une grande majorité de parents, pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Ces derniers élevés dans les codes d’avant semblent l’être aussi, à quelques rares exceptions qui parfois en reviennent aussi…

 

Un entrepreneuriat plus social ?

Les experts parlent d’une transformation économique et sociale profonde plutôt qu’une crise économique et sociale.

Une transformation dans laquelle le numérique et le social apportent de nouvelles réponses aux questions qui se posent à la société, et à chaque citoyen notamment en matière de travail et de ressources.

La solution résiderait pour certains dans l’économie du partage et du prêt qui en diminuant les besoins de consommation et de propriété redonneraient aux ménages du pouvoir d’achat.

Un raisonnement qui réalimente un entrepreneuriat social, qui se tient mais jusqu’à un certain point.

Personnellement, je ne nous vois pas revenir à une économie du troc généralisé et à la disparition de la monnaie.. fut-elle le bitcoin ! ça ne vous rappelle pas un peu vos cours d’économie ? ;-)

Par ailleurs, je ne vois pas comment les stratégies de domination qui font rage un peu partout à différentes échelles se passeraient du pouvoir financier, fut-il porté par le pouvoir des données et des réseaux… ??

Pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, c’est peut-être dans la définition originelle du mot « social » que se niche les solutions. Des communautés de pratiques et d’expériences, des réseaux d’entrepreneurs confirmés qui collaborent et supportent les plus jeunes qui créeront à la fois leur emploi et les emplois de demain.

Et vous comment voyez-vous évoluer notre économie, nos relations sociales, notre vie quotidienne tout simplement ?

 

NB : Si vous recherchez un emploi dans un environnement entrepreneurial, je vous recommande de regarder les offres d’emploi de l’entreprise Geolid que j’accompagne désormais en tant que Directrice Organisation et Relations Humaines. Geolid a été créée il y a 5 ans par 2 jeunes entrepreneurs qui ont aujourd’hui 30 ans, Gautier et Guillaume. Ils poursuivent, avec le soutien professionnel, humble et enthousiaste des équipes le développement de cette jeune entreprise.

Nous sommes 120 actuellement et recrutons environ 70 collaborateurs sur toute la France :

  • des profils commerciaux qui peuvent venir d’horizons variés. Nous les formons.
  • des managers commerciaux avec quelques années d’expérience. Nous les accompagnons.
  • des traffic managers. Nous les formons aussi, en partenariat avec Google.
  • des chefs de projet Web Marketing,
  • des conseillers clientèle sédentaires,
  • des téléprospecteurs au sein d’une petite équipe sympa,
  • …. Tous accompagnes, formés et contributeurs à leur activité en forte croissance.

Geolid est une jeune entreprise, tout n’est pas réglé comme sur du papier à musique …. l’enthousiasme des équipes et les perspectives d’évolution offertes sont à regarder de prêt. N’hésitez pas à contacter Fiona et Nadège en charge du recrutement sur le site Geolid Recrute et grâce au livechat posez toutes vos questions

 

 

 

Auteur : Marie-Pierre FLEURY

Carrière et Emploi : le mode « Saute et nage ! »

la gestion de carrière et le conseil emploi .

Qu’il s’agisse de s’orienter, de choisir une spécialisation, de rechercher un emploi, d’intégrer une nouvelle entreprise, d’évoluer vers un nouveau poste, d’être présent sur les réseaux sociaux… le mode « Saute et nage » prévaut encore en matière de Carrière et d’Emploi.

Le mode « Saute et nage » est une expression qui recouvre les situations pour lesquelles les personnes sont jetées dans le bain, sans disposer d’une préparation, d’un mode d’emploi, d’un accompagnement, d’un « guide », voire même parfois d’informations.

L’étape post recrutement d’intégration dans l’entreprise en est un exemple : une fois recruté, on vous laisse vous intégrer tout seul et tenir votre emploi… Vous devez faire connaissance avec vos nouveaux collègues et ceux des autres services, comprendre les us et coutumes de l’entreprise, intégrer une foule d’informations directement ou indirectement utiles pour remplir vos missions et les inscrire dans un contexte de collaboration…

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« Saute et nage », un mode entrepreneurial

La pratique du « débrouillez-vous » est parfois volontairement adoptée parce qu’elle est perçue comme favorisant l’expérimentation, l’auto-apprentissage, la responsabilité individuelle, la créativité, l’autonomie…

Ne pas donner des clés, des modes d’emploi, ne pas transmettre des règles et des normes limitantes peut constituer un mode choisi en matière d’éducation comme de management. Il est à notre sens efficace s’il s’accompagne néanmoins :

- d’une règle de l’exercice précisant que l’absence d’accompagnement et de consignes vise à développer l’autonomie, l’esprit critique, la responsabilité individuelle, ou introduire de nouvelles pratiques, des nouvelles valeurs, de l’expérimentation, de l’innovation, un regard neuf, des changements, etc.

- de feedbacks réguliers pour éviter que la personne ne se noie (orientation, formation) ou que d’autres lui mettent la tête sous l’eau (formation, management),

- de droits à l’erreur et de voies de secours en cas de danger ou d’échec imminent (orientation, formation, management…)

Si ces 3 éléments n’accompagnent pas le « saute et nage » dans une entreprise, il peut aussi s’agir très directement d’une logique de test : où vous faites naturellement l’affaire ou vous ne le faites pas. Le turnover de l’entreprise peut être un bon indicateur à étudier avant de l’intégrer… en complément des questions relatives aux modalités d’intégration que peu de candidats abordent en phase de recrutement.

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« Saute et nage », un mode par défaut…

Le mode « Saute et nage » peut aussi être le résultat d’une incapacité à structurer, financer aussi, des processus d’informations opérationnels et d’accompagnement.

L’Education ou encore le Service Public de l’Emploi sont souvent sur ce mode par défaut, en raison de la masse de personnes à orienter et accompagner et de la diversité des profils et des personnalités.

Dans les entreprises, s’il peut s’agir d’un manque de moyens pour les plus petites, c’est plus généralement un manque d’attention et/ou de savoir-faire en matière de management. C’est aussi aujourd’hui un manque de confiance entre les salariés et l’employeur qui détourne l’efficacité éventuelle des dispositifs existants. Combien de salariés s’adressent aujourd’hui à leur manager ou responsable RH pour recueillir des avis et des conseils en matière de compétence ou d’évolution professionnelle… Ils se jettent eux-mêmes à l’eau !

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Si « Sauter et nager » est aujourd’hui plus qu’hier un mode de fonctionnement adapté à un environnement professionnel en mouvement continu qui s’accompagne d’une capacité à s’adapter, à apprendre tout au long de la vie, à prendre en charge son employabilité, etc. pour autant nous ne sommes pas tous égaux par nos aptitudes, nos apprentissages, nos environnements, nos cheminements…à  sauter et à nager.

A sauter et à nager aussi toute une vie. Nous avons besoin à différents moments de maître-nageurs, de bouées et de balises, d’eau moins profonde et plus claire… d’être au sec aussi… pour prendre des respirations, parfaire nos techniques…notamment quand le bouillonnement ou le courant s’accélère…

Le système éducatif comme les entreprises ont un intérêt économique et social à l’accompagnement des carrières et de l’emploi, tout au long de la vie. En logique de socles de compétences pour le premier, en logique de contribution à l’employabilité pour les secondes.

Tout comme chaque étudiant, chaque salarié doit aujourd’hui apprendre à entreprendre sa carrière et son emploi.

Auteur : Equipe id-carrieres

Pratiquer l’ouverture pour apprendre tout au long de la vie professionnelle

Apprendre tout au long de sa vie, ce n’est pas seulement se former. Cela passe par une dimension clé : l’ouverture. Rencontrer des personnes partageant un centre d’intérêt commun, voisin, complémentaire ou très différent est une des manières simples et efficientes de pratiquer l’ouverture.

 

S’exposer aux déclencheurs via les rencontres

Rencontres en face-à-face, en groupe restreint ou large, il y a une diversité de moyens de le faire. Dans les nombreuses routines gagnantes, virtueuses, celle de rencontrer des personnes en est une.

Dans son livre “Never Eat Alone”, Keith Ferrazzi met l’accent sur cette nécessité-ci. S’intéresser aux personnes est passionnant, et à contre-courant de la course au cash ou de toutes autres choses matérielles.

Dans un contexte de recherche d’opportunités professionnelles ou de dynamisation de projet professionnel, ces interactions restent importantes. Elles vont permettre de prendre en compte les attentes des autres, de comprendre certaines dynamiques-clés, de poser des questions-clés et de tout simplement se laisser surprendre par des idées.

 

La phrase-clé qui donne à réfléchir

Les citations sont souvent très accessibles à l’écrit et connues. Elles proviennent souvent de personnes qui ont marqué leur temps. Dans l’idée de l’ouverture partagée ici, il n’y a pas forcément de personnes plus importantes que d’autres. A l’intérieur de conversations, émergent ces phrases-clés positives et marquantes (ces citations), qui nous amènent à voir les choses différemment (et dans le meilleur des cas, à agir différemment).

C’est aussi toute la philosophie derrière la plupart des livres de Ken Blanchard tels que “Le Manager Minute”, “L’Entrepreneur Minute” par exemple. En effet, il précise que les conversations importantes sont souvent denses en sens et très courtes (en 1 minute). Elles sont simples à mémoriser et à transmettre aux personnes.

 

L’étudiant d’aujourd’hui n’est pas seulement celui qui passe des examens et des exposés. Tout comme le salarié d’aujourd’hui n’est pas seulement celui qui réalise les missions confiées.

C’est aussi (et surtout) celui qui comprend que son environnement est changeant, que de nouvelles problématiques ne cessent d’émerger et d’être découvertes. De ce fait, les interactions, les initiatives de veille, de recherche, de collaboration et d’expérimentation restent activées, au risque de se faire distancer au fil du temps.

Tout ne s’arrête de tourner une fois le diplôme en poche ou le contrat de travail signé. Le monde, lui, continue à nous surprendre et à nous stimuler pour explorer des chemins autres.

Auteur : Lilian Mahoukou

Auto-entrepreneurs : réflexions & chiffres clés de l’année 2009 publiés le 14 octobre 2010

Le secrétariat d’Etat du Commerce, de l’Artisanat, des PME a publié le 14 octobre 2010 les éléments du rapport d’évaluation du régime auto-entrepreneur en 2009.

Il semble qu’il faudra encore quelques années pour valider la contribution macro et micro économique du régime de l’auto-entrepreneur. S’il constitue à l’évidence une solution pour compléter les revenus d’une activité salariée ou pour officialiser des activités existantes, la pérennité des activités développées n’est pas évidente tout comme la possibilité d’en tirer une source de revenus à part entière. Par ailleurs, le fait que 90% des auto-entrepreneurs développent des activités dans des domaines d’activités non encore exercées doit attirer l’attention sur la validation complète du projet et des capacités des personnes à le concrétiser.

 

Voici les chiffres du rapport d’évaluation qui ont retenu notre attention :

La création d’auto-entreprises en France en 2009

  • Les auto-entrepreneurs représentent les ¾ des créations d’entreprises individuelles en 2009.
  • 322 000 auto-entreprises ont été créées en 2009 majoritairement dans les secteurs du commerce et des services aux entreprises et aux particuliers.
  • Seuls 1,5% des auto-entrepreneurs disent avoir pris ce statut à la demande de leur employeur.
  • 23% des auto-entrepreneurs déclarent avoir « professionnalisé une activité déjà exercée»

 

Les chiffres d’affaires générés par les auto-entrepreneurs

  • 921 millions d’euros de chiffre d’affaire ont été générés en 2009 sous ce régime.
  • Ce chiffre d’affaires a été réalisé par 45% des auto-entrepreneurs, ce qui signifierait que 55% n’ont rien facturé.
  • Le chiffre d’affaires moyen annuel des nouveaux auto-entrepreneurs est de 8 500 d’euros. Il se situe aux alentours de 15 000 d’euros pour les entreprises existantes et passées sous de régime.
  • 1,5% des auto-entrepreneurs excèdent les plafonds de chiffre d’affaires pour la 1ère année.
  • 15% des auto-entrepreneurs sont des personnes préalablement en recherche d’emploi.

 

 

Le profil des auto-entrepreneurs

  • Les 2/3 des auto-entrepreneurs sont des hommes.

 

Les motivations et les objectifs des auto-entrepreneurs

  • Pour 60% d’entre eux le régime de l’auto-entrepreneuriat doit conduire au développement d’une entreprise à part entière et pour 40% comme un complément de revenus.
  • 90% des auto-entrepreneurs se lancent dans des activités qu’ils n’ont pas exercées précédemment.
  • 60% des auto-entrepreneurs mobilisent leur épargne pour financer l’activité et peu de personnes ont eu recours aux aides (NACRE).

 

Les relations des auto-entrepreneurs avec les entreprises

  • 18% des entreprises ont recours à des auto-entrepreneurs pour des prestations de sous-traitance ou des travaux divers (surtout dans le secteur de l’information et de la communication)
  • Moins d’1/4 des entreprises perçoivent les auto-entrepreneurs comme une source de concurrence plus forte que d’autres formes d’entreprise.
Auteur : Equipe id-carrieres

Candidat Auto-entrepreneur : une année de régime à méditer !

Une étude de l’ACOSS (Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale) fait un point sur le régime de l’auto-entrepreneur sur 2009 et à fin avril 2010.

Les chiffres que nous avons envie de retenir au-delà des ajustements techniques très bien expliqués dans la note de l’ACOSS :

  • Sur l’année 2009, un nombre de nouvelles immatriculations constant chaque trimestre : pas d’effervescence particulière, pas de désaffection non plus ! Entre 76 000 et 86 000 immatriculations nouvelles chaque trimestre.
  • Sur l’année 2009, un nombre de radiations croissant dont on aurait aimé connaître les principales causes (au cas où il aurait été le signe d’une bonne nouvelle : un dépassement du CA autorisé par ce régime ! ). Le taux de radiation est en moyenne sur l’année de 3%, avec une forte hausse sur le dernier trimestre atteignant plus de 6% d’auto-entrepreneurs sortis du régime (incluant tous ceux sortis du régime en fin d’année et ayant exercé pendant plus de 3 mois durant 2009).
  • Depuis le 1er janvier 2010, les travailleurs indépendants déjà en activité et certaines professions libérales sont autorisés à s’inscrire dans le régime d’auto-entrepreneurs. D’où un bond du nombre d’inscriptions sur le premier trimestre 2010 ! surprenant, non ? pas vraiment ç’était fait pour ça ! 123 700 inscriptions, environ 50 000 de plus pour sauver (?) le nouveau régime miracle … pour l’emploi et pour contenir les chiffres du chômage, pour le pouvoir d’achat, pour stimuler l’esprit entrepreneur des français, etc.
  • Le chiffre d’affaires moyen trimestriel en 2009 déclaré par les auto-entrepreneurs s’élève à  3 600€. L’URSSAF annonce un chiffre d’affaires moyen annuel de 6 300€ (rappel des plafonds de CA autorisés 32 100€ pour le service et 80 300€ pour la vente de biens). Moins de 50% des auto-entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires positifs.
  • Une comparaison entre les auto-entrepreneurs et les travailleurs indépendants en activité depuis janvier 2009(non auto-entrepreneurs, ce qui signifie théoriquement un CA plus haut et/ou des activités de nature différente) : elle montre qu’ils ont le même profil d’âge(plus de 50% sont âgés de 30 à 39 ans), à peu près la même répartition 1/3 de femmes et 2/3 d’hommes. Les secteurs d’activité où les 2 statuts sont également présents en proportion de leurs effectifs sont : le commerce, la réparation automobiles, le bâtiment, le conseil et ingénierie;  les travailleurs indépendants sont en absolu plus nombreux dans l’hébergement-restauration (peut-être en raison des investissements à réaliser) et les activités de santé (à priori en raison du niveau de chiffre d’affaires), en revanche, les auto-entrepreneurs  sont en absolu plus actifs dans les secteurs de services comme les arts et spectacles, l’informatique, l’éducation. Dommage que l’étude ne donne pas de chiffres d’affaires comparés entre les 2 profils.

L’étude n’est pas assez complète et détaillée et nous n’avons pas assez de recul pour apprécier les apports et les avantages du nouveau régime de l’auto-entrepreneur. Cependant, ces données pourraient appeler les réflexions suivantes :

  • le régime de l’auto-entrepreneur n’est pas une réponse durable à une situation de chômage en raison du faible niveau de revenus générés cf. les statistiques à ce jour). Il ne faudrait pas qu’auto-entrepreneur rime avec auto-précarité !
  • lancer une activité sous ce régime demande une démarche professionnelle et des compétences solides, les premiers euros engrangés auprès de son réseau bienveillant de connaissances ne sont pas révélateurs de la pérennité de l’offre de produits ou services, et ne doivent pas masquer la nécessité de démarches, notamment commerciales bien pensées et bien réalisées.
  • ce régime peut effectivement permettre d’engranger des revenus complémentaires à un salaire.
  • ce régime peut aussi être une partie de la réponse pour sortir du « travail au noir » : voir dans l’étude le CA des régions.

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Dans tous les cas, envisager une activité professionnelle à part entière sous ce régime nécessite de se poser les mêmes questions que pour un projet de création d’entreprise mais aussi les questions qu’il faut se poser pour la recherche d’un emploi : se connaître, identifier ses compétences, connaitre ses environnements, etc.

Auteur : Marie-Pierre FLEURY

Le régime de l’auto-entrepreneur, un régime simplifié de la micro-entreprise

Le dispositif de l’auto-entrepreneur a été mis en place au 1er janvier 2009 suite à la loi n°2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie. Relevant du statut juridique de l’entreprise individuelle, le dispositif d’auto-entrepreneur se caractérise notamment par la simplification des formalités de déclaration d’activité. Il permet en outre de bénéficier des régimes simplifiés fiscal et social de la micro entreprise.

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Définition du régime de l’auto-entrepreneur

Le régime d’auto-entrepreneur permet d’exploiter une activité sous forme d’entreprise individuelle, à titre principal ou complémentaire, sous réserve de ne pas concurrencer son employeur. Il peut permettre aussi de tester une activité dans le cadre d’une création d’activité.

Remarque : Tout lien de subordination relève du salariat et ne peut donc ouvrir droit au régime de l’auto-entrepreneur (lien de subordination : un employeur donne des directives et des objectifs à une personne, un employé).

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Bénéficiaires du régime de l’auto-entrepreneur

Toute personne physique peut bénéficier, sous certaines conditions, du régime d’auto-entrepreneur, qu’il soit salarié du secteur privé, fonctionnaire, étudiant, demandeur d’emploi ou retraité.

Remarque : Un demandeur d’emploi peut cumuler les revenus d’une activité d’auto-entrepreneur avec ses indemnités chômage si son revenu d’activité ne dépasse pas 70% du salaire net qu’il percevait avant son inscription en tant que demandeur d’emploi et dans la limite de 15 mois.

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Conditions du régime d’auto-entrepreneur

L’entreprise doit relever du régime fiscal de la micro entreprise. Le chiffre d’affaires annuel ne doit donc pas excéder, pour 2010 :

  • 80.300€ HT pour une activité de vente de marchandises
  • 32.100€ HT pour une activité de prestations de services

Ces plafonds sont révisés annuellement. Le chiffre d’affaires pris en compte est calculé au prorata du temps d’exercice de l’activité.

Dans le cas d’une activité mixte (vente et service), le chiffre d’affaires global annuel ne doit pas excéder 80.300€ pour 2010 dont 32.100€ maximum pour les services pour 2010.

En cas de dépassement des plafonds de chiffre d’affaires et si celui-ci n’excède pas 88.300€ pour la vente de marchandises ou 34.100€ pour les prestations de services, il est possible de conserver le bénéfice du régime de la micro entreprise durant 2 ans.

En cas de dépassement des seuils de 88.300€ ou 34.100€, le bénéfice du régime de micro entreprise cesse au 31 décembre de l’année où le dépassement est constaté, tandis que le versement de l’impôt libératoire cesse rétroactivement au 1er janvier de cette même année.

Certaines activités sont exclues du régime fiscal de la micro entreprise et par conséquent du régime de l’auto-entrepreneur. Il s’agit :

  • Des activités relevant de la TVA immobilière : marchands de biens, lotisseurs, agents immobiliers, opérations sur les parts de sociétés immobilières, etc. ;
  • Des locations d’immeubles nues à usage professionnel ;
  • Des locations de matériels et de biens de consommation durable ;
  • Des activités libérales relevant d’une caisse de retraite autre que la Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d’Assurance Vieillesse (CIPAV) ou Régime Social des Indépendants (RSI) : professions juridiques et judiciaires, professions de la santé, experts-comptables, commissaires aux comptes, etc. ;
  • Des activités agricoles rattachées au régime social de la Mutuelle Sociale Agricole (MSA) ;
  • Des activités artistiques rémunérées par des droits d’auteurs.

Par ailleurs, les auto-entrepreneurs doivent respecter les obligations légales liées à l’exercice de leur activité, telles que l’obtention d’une qualification professionnelle ou d’une expérience professionnelle pour certains métiers ou la souscription d’une assurance professionnelle.

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Protection sociale du régime de l’auto-entrepreneur

L’auto-entrepreneur bénéficie de l’assurance maladie maternité gérée par le RSI (Régime Social des Indépendants) pour les prestations maladie en nature (médicaments, soins, hospitalisation, etc.) et valide des trimestres de retraite selon le montant des cotisations versées.

En cas de non-paiement des cotisations sociales en raison de l’absence d’un chiffre d’affaires, l’auto-entrepreneur conserve le bénéfice des prestations maladies en nature mais il ne pourra pas percevoir d’indemnités journalières en cas d’arrêt maladie la première année.

Remarque : Dans le cas du cumul de l’activité d’auto-entrepreneur avec une activité salariée, la durée d’assurance prise en compte pour la retraite de base ne peut excéder 4 trimestres par an.

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Régime fiscal et social applicable

L’auto-entrepreneur relève du régime de la micro entreprise simplifié, ce qui lui permet de payer ses charges après ses encaissements et de bénéficier :

  • D’une franchise de TVA : les entreprises ne facturent ni ne récupèrent la TVA et doivent inscrire « TVA non applicable, article 293B du CGI » sur leurs factures.
  • Des formalités de création simplifiées : inscription en ligne sur le site www.lautoentrepreneur.fr ou simple déclaration au Centre de Formalité des Entreprises (CFE) compétent, via le formulaire Cerfa n°13821 01. A noter toutefois que les auto-entrepreneurs exerçant à titre principal une activité artisanale doivent être immatriculés au Répertoire des Métiers (RM) depuis le 1er avril 2009. Ils sont néanmoins exonérés des frais d’immatriculation et des frais de chambre de métiers et de l’artisanat les trois premières années. Ils sont également dispensés du stage de préparation.
  • D’obligations comptables réduites : un livre-journal mentionnant chronologiquement le montant et l’origine des recettes et un registre annuel récapitulant le détail des achats suffisent. Ces documents doivent être conservés 10 ans.

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Les cotisations et contributions sociales sont payées mensuellement ou trimestriellement, selon un taux forfaitaire appliqué au chiffre d’affaires ou aux recettes réalisées :

  • 12% pour une activité commerciale ;
  • 18,3% pour une activité libérale relevant de la CIPAV ;
  • 21,3% pour une activité de services ainsi que pour toute activité libérale relevant du régime du RSI ;

En l’absence de chiffre d’affaires, aucune déclaration n’est à effectuer.

L’auto-entrepreneur ayant opté pour le régime de la micro entreprise simplifié peut également choisir le versement fiscal libératoire de l’impôt sur le revenu, dés lors que les revenus du foyer fiscal de référence sont inférieurs à 25.926€ par part de quotient familial pour 2010.

Dans ce cas, le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est calculé par application d’un taux spécifique au chiffre d’affaires ou aux recettes :

  • 1% pour les activités de ventes
  • 1,7% pour les activités relevant des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC)
  • 2,2% pour les activités libérales (BNC).

De plus, les auto-entrepreneurs ayant opté pour le versement fiscal libératoire sont exonérés durant 3 ans de la contribution foncière des entreprises (remplaçant la taxe professionnelle). Dans tous les cas, ils en sont  exonérés l’année de création de l’activité. Cependant, afin de bénéficier de l’exonération de la contribution foncière, l’auto-entrepreneur, son conjoint ou le partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité, ses ascendants ou descendants ne doivent pas avoir exercé d’activité similaire à celle de l’entreprise nouvellement créée au cours des trois années précédant la création.

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En cas de dépassement du plafond des revenus du foyer fiscal, le bénéfice du régime de la micro entreprise est maintenu, tandis que le bénéfice du versement libératoire cesse l’année suivant celle où le plafond a été dépassé.

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Les auto-entrepreneurs relevant du régime de la micro entreprise sont exonérés de taxe sur les salaires, normalement dues par les entreprises non soumises à la TVA.

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Les bénéficiaires de l’ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise) bénéficient d’un taux réduit de cotisations sociales, dégressif les trois premières années. La CSG, la CRDS et la retraite complémentaire obligatoire restent dues.

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Sortie du régime de l’auto-entrepreneur

En cas de cessation d’activité, une simple déclaration auprès du CFE compétent suffit.

En cas de poursuite d’activité dans le cadre du régime de droit commun, une déclaration écrite doit être envoyée à la caisse de base du régime social des indépendants à laquelle est affilié l’auto-entrepreneur.

En cas d’absence de chiffre d’affaire durant 36 mois consécutifs, le bénéfice du régime d’auto-entrepreneur s’arrête automatiquement.

 

 

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NB : le patrimoine de l’auto-entrepreneur : l’auto-entrepreneur, par simple acte notarié, peut protéger ses biens fonciers personnels.

Auteur : Equipe id-carrieres

Point sur le portage salarial en attendant de nouvelles précisions.

Le Portage salarial est une forme d’organisation du travail à mi chemin entre un travail salarié et une activité indépendante.

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Définition et principe du portage salarial

Apparu en France dans les années 80, il faut attendre la loi de modernisation du travail du 25 juin 2008 pour que le régime juridique du portage salarial soit reconnu :

« le portage salarial est un ensemble de relations contractuelles organisées entre une entreprise de portage, une personne portée et des entreprises clientes comportant pour la personne portée le régime du salariat et la rémunération de sa prestation chez le client par l’entreprise de portage. Il garantit les droits de la personne portée sur son apport de clientèle ».

Autrement dit, le portage salarial repose sur une relation triangulaire entre un travailleur (le « porté »), une « société de portage salarial » et une « entreprise cliente ».

  • Le porté est salarié de la société de portage.
  • La société de portage signe avec les entreprises clientes un contrat de portage**

Le porté réalise les missions auprès d’entreprises qu’il a lui-même prospecté.

La gestion administrative et la facturation de ses prestations sont réalisées par la société de portage.

Le montant de la prestation est facturé à l’entreprise cliente par la société de portage puis reversé au salarié porté sous forme de salaires, déduction faite de la commission de portage généralement comprise entre 3% et 17% selon les sociétés de portages.

Remarque : seules les missions de service peuvent être effectuées dans ce cadre.

* le prêt de main d’œuvre à but lucratif étant interdit, en dehors des entreprises de travail temporaire (article L. 125-3), les relations entre la société de portage et l’entreprise cliente sont définies par un contrat de portage qui propose la fourniture d’un service et non simplement de main d’œuvre.

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Vers un accord sur le portage salarial

Si la loi de 2008 a reconnu officiellement le portage salarial, des discussions avec les partenaires sociaux ont été engagées en 2008 et devraient aboutir courant 2010 afin de définir un cadre légal plus précis.

Le principal point de discorde des négociations repose sur l’antagonisme entre les confédérations syndicales des entreprises de portage salarial (FeNPS, SNEPS et OPPS) et la confédération syndicale des agences d’intérim (PRISME). Le lien de subordination est au cœur des débats. Les premiers souhaitent un lien de subordination entre la société de portage et le salarié porté alors que l’intérim transfert le lien de subordination à l’entreprise cliente..

Cependant, au delà de cette divergence, un certain nombre de points d’accord semblent dors et déjà acquis :

  • L’activité de portage salarial peut être exercée soit par les entreprises de portage salariales répertoriées sous un même code APE, soit par des entreprises de travail temporaire ;
  • Un contrat de travail en portage salarial doit être conclu entre l’entreprise de portage et la personne portée. Ce contrat de travail serait soit un contrat à durée indéterminée (CDI) soit un contrat à durée déterminée (CDD), et ce quelque soit l’entreprise de portage (agences d’intérim inclues).
  • Les salariés portés doivent avoir le statut de cadre.
  • La rémunération minimale serait fixée à 2600 euros brute par mois pour une activité à temps plein.

Remarque : le premier accord de branche a été signé le 15 novembre 2009. Il concerne les secteurs de l’informatique, de l’ingénierie et du conseil.

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Avantages et inconvénients du portage salarial

Avantages

 

  • Le porté a la possibilité de développer une activité indépendante et conserve ainsi une certaine autonomie par rapport à une activité traditionnelle de salarié.
  • La gestion administrative de l’activité est entièrement prise en charge par la société de portage. De plus, selon les sociétés, le porté peut bénéficier de services plus ou moins étendus tels qu’un réseau organisé, la mise en place de propositions commerciales communes, la mise à disposition de locaux, etc.
  • Le statut de salarié garantit une protection sociale renforcée (chômage, retraite, maladie, prévoyance) par rapport à un statut d’indépendant.
  • Le portage salarial représente une alternative sécurisante par rapport à l’entrepreneuriat. En effet, il peut être utilisé pour une seule ou plusieurs missions ponctuelles, sans engagement. Il offre ainsi la possibilité d’effectuer une période transitoire « d’essai » avant de s’installer à son compte.
  • Le portage peut être utilisé en complément d’une autre activité, à temps partiel par exemple.
  • Dans la mesure où les revenus de portage ne dépassent pas le montant de l’allocation chômage versée aux bénéficiaires, ceux-ci peuvent bénéficier d’un complément versé par les Assedics.

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Inconvénients

  • Les relations de travail sont plus précaires que le salariat traditionnel, même si la mise en place d’un cadre légal devrait atténuer cette contrainte.
  • Les coûts supplémentaires liés à la commission versée à la société de portage salarial (10% en moyenne)
  • Les cotisations salariales restent à comparer aux cotisations d’un statut d’indépendant ou en société (EURL, SARL, etc.) .

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Depuis le début des années 2000 le portage salarial a connu une forte croissance passant de 15.000 portés en 2007 à plus de 40.000 en 2010.

L’esprit d’entreprendre souffle sur la France. Mais si les intentions sont souvent présentes, beaucoup hésitent encore à suivre cette voie. Le portage salarial peut être une alternative et constituer une transition vers la création d’activité.

L’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2008 sur la modernisation du marché du travail précise que « cette forme d’activité répond à un besoin social dans la mesure où elle permet le retour à l’emploi de certaines catégories de demandeurs d’emploi, notamment des seniors ». Confortés par leur expérience et confrontés à un taux d’emploi parmi les plus faibles d’Europe, les cadres expérimentés tentent l’aventure d’une formule rassurante et souple (mais coûteuse) en sous-estimant souvent les enjeux d’une démarche commerciale à conduire en parallèle de la production des missions.

Auteur : Equipe id-carrieres

Chercheur et Créateur d’entreprise : la résistance au changement, recherche public vs valorisation privée (2)

Suite de l’article 1 : de l’idée à la création en saisissant les opportunités.

Pascal Ferrand est directeur de recherche au CNRS affecté au Laboratoire de Mécanique des Fluides et d’Acoustique (LMFA) de l’Ecole Centrale de Lyon (ECL) et créateur de la société Fluorem avec Stéphane Aubert. 1ère Start-up européenne aux Eurowards grâce à Turb’Opty.

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Nous avons rencontré beaucoup d’aides mais aussi beaucoup d’obstacles. Contrairement aux autres pays occidentaux, jusqu’en 1999, la loi française interdisait aux chercheurs de créer leur propre entreprise.

La loi sur l’innovation de 1999, dite loi Allègre, a établi un cadre très strict qui précise les conditions dans lesquelles une telle société peut être créée et avoir des relations très étroites avec le laboratoire d’origine.

Depuis, progressivement, de nombreuses procédures ont été instaurées pour inciter et faciliter la création de telles sociétés innovantes : incubateurs, statut de Jeune Entreprise Innovante, crédit d’Impôt Recherche, … L’idée majeure est de faciliter le transfert entre une recherche publique et sa valorisation par le secteur privé.

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Mais en 1999, il n’existait que la loi (aux interprétations souvent contradictoires) et une volonté politique au niveau national. Les obstacles ont été multiples car, à ceux liés à toute création d’entreprise en France (procédures administratives lourdes, taxations dès le premier jour de la création, charges élevées, équilibre de trésorerie précaire faute de fonds propres suffisant, investisseurs financiers très « conservateurs »), … s’est ajouté une mentalité française pas du tout préparée à accepter ce transfert secteur public, secteur privé.

Malgré les contrats régissant les droits et propriétés, un comité de déontologie, des conventions multiples, beaucoup de collègues ont vu une dépossession des biens (humains et matériels) du laboratoire au profit d’une société commerciale, potentiellement concurrente. Le lien LMFA – Fluorem n’a pas pu être mis en place tel que nous le pensions et une réelle séparation a du être effectuée les quatre premières années.

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Nous avons rencontré aide et compréhension avec les directions du CNRS et de l’ECL. A la création, l’ECL est rentré au capital pour en sortir au moment de l’entrée d’investisseurs financiers, ce qui a été fait en 2003. Les relations avec le LMFA sont aujourd’hui excellentes. Une deuxième Spin-off du LMFA, « Sillages Environnement » vient d’être créée par un collègue. Les créations d’entreprises sont devenues courantes en France, les suspicions se sont évanouies faute de matière, les intérêts mutuels d’une collaboration ont pris le dessus.

Le LMFA et Fluorem sont partenaires dans des programmes de recherche au niveau régional, national (avec l’Agence National de la Recherche) et européen (7ème PCRDT), ce qui renforce le poids des deux établissements et met en évidence la complémentarité des rôles. Beaucoup de ces programmes n’existeraient pas sans Fluorem, et donc beaucoup de moyens financiers et humains ont ainsi été apportés au secteur public. Inversement, Fluorem bénéficie de validations expérimentales et de recherches publiques dont certaines pourront être intégrées aux logiciels commerciaux pour maintenir son avance technologique.

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Quant aux relations entre le secteur public et privé, je pense que tous les outils nécessaires ont été mis en place entre 1999 et aujourd’hui. Il ne faut rien créer de plus et ne pas basculer dans l’extrême inverse sur le plan budgétaire : la recherche publique doit aussi avoir une activité non fléchée, libre de toute contingence sociétale, avec une part de financement suffisant. Sinon la France va s’appauvrir.

Ce qui manque, c’est la banalisation du processus de transfert public – privé, c’est aussi la notion de prise de risquequi doit être acceptée par les banquiers, les investisseurs financiers et les grands groupes français.

La recherche publique innove, les chercheurs prennent des risques, il faut que les trois entités précédentes suivent sinon, nos sociétés innovantes deviennent vite américaines et alors, l’état français finance l’innovation américaine ! C’est particulièrement vrai dans le domaine du logiciel1.

 

1article les Echos du 3 mars 2010 de Yann Verdo : « Start-up informatiques : razzia sur les pépites »


Auteur : Equipe id-carrieres

Chercheur et Créateur d’entreprise : de l’idée à la création en saisissant les opportunités (1)

A l’heure où l’innovation technologique est identifiée comme un des principaux leviers de la croissance économique, d’une politique de réindustrialisation et de la création d’emplois,

id-carrieres donne le clavier à Pascal Ferrand, directeur de recherche au CNRS et créateur de la société Fluorem pour un partage d’expérience qui, nous l’espérons, suscitera une réflexion et des initiatives de la part des ingénieurs, doctorants, chercheurs, politiques, investisseurs …

 

 

Démarche de création d'entreprise

Pascal Ferrand et Stephane Aubert

Pascal Ferrand est directeur de recherche au CNRS affecté au Laboratoire de Mécanique des Fluides et d’Acoustique (LMFA) de l’Ecole Centrale de Lyon (ECL) et créateur de la société Fluorem avec Stéphane Aubert. 1ère Start-up européenne aux Eurowards grâce à Turb’Opty

 

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Nous avions des objectifs de recherche

Au départ, nous étions deux chercheurs, Stéphane Aubert et moi-même au sein d’une équipe d’environ quarante personnes que j’animais. La finalité des recherches du laboratoire est d’étudier et comprendre la physique des écoulements, de la turbulence, des interactions avec les structures en vibration avec une vision fondamentale et applicative.

Les applications concernent les turbomachines (compresseurs, turbines, ventilateurs, éoliennes, pompes …) mais aussi l’aérodynamique des voilures d’avion, des voitures, …

Pour atteindre nos objectifs de recherche, nous avions besoin d’outils expérimentaux (techniques de mesure) et numériques (logiciels de simulations) qui permettent de reproduire avec précision les phénomènes physiques. Dans les années 90, ces logiciels n’existaient pas. Nous avons donc du les développer, non en tant que finalité mais en tant que moyen d’analyse.

C’est ainsi que, sur une idée mathématique très simple, nous avons mis au point un logiciel de « paramétrisation » : il balaye automatiquement toutes les solutions aérodynamiques associées à des paramètres de forme (profil d’une voiture, longueur, …). Cela permet très rapidement de faire de la conception, de l’optimisation, etc. dans le domaine de la mécanique des fluides.

Pour qu’une idée originale devienne un produit opérationnel, il faut des moyens humains qui dépassent les capacités d’un laboratoire public (pour notre équipe : un recrutement de chercheur permanent tous les 10 ans !). Faute de structures d’appui, bien que loin de nous l’esprit d’entrepreneur, nous avons décidé de créer notre propre entreprise pour assurer la mise sur le marché de notre idée.

Cette décision s’appuyait sur des séjours d’un an aux Etats Unis et en Angleterre où nous avions observé un éventail d’entreprises innovantes issues des universités. Nous avions pu aussi constaté la réelle avance de nos travaux. Et nous ne voulions pas nous faire déposséder par un partenariat privé (ce qu’avait vécu d’autres collègues). Ainsi, dès l’application de la loi sur l’innovation de 1999, nous avons été lauréat du premier concours de sociétés innovantes et nous avons créé Fluorem.

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La société Fluorem

Fluorem est un éditeur de logiciel technique. La société commercialise le logiciel Turb’Opty qui permet de faire de la conception et de l’optimisation aérodynamique. Ce logiciel intéresse des industriels de l’aéronautique comme Airbus, le groupe Safran, Eurocopter ou des industriels de l’automobile comme Valeo, Renault, PSA. Airbus pense ainsi pouvoir réduire de 30% le temps de conception aérodynamique de ses avions.

Fluorem emploie 10 personnes dont 9 ingénieurs ou docteurs. Le chiffre d’affaires est d’environ 1 millions d’euros. En 2009, Fluorem a signé un partenariat technique et commercial avec la société japonaise Cradle, leader au Japon et inconnu en Europe. Cet accord  est stratégique pour les deux sociétés. L’année 2010 devrait être une petite révolution pour Fluorem avec l’embauche de deux commerciaux qui devraient permettre de doubler le chiffre d’affaires grâce à la distribution des produits Cradle dans plusieurs pays d’Europe. Tout le développement à l’international est réalisé avec un appui très fort d’ ERAI.

Auteur : Equipe id-carrieres

La rupture conventionnelle : plus de négociation, moins de traumatismes.

En réponse à la crise sociale actuelle, le législateur a souhaité « fluidifier le marché du travail », en instaurant la loi de modernisation du marché du travail du 25 juin 2008.

Cette loi introduit notamment le dispositif de rupture conventionnelle, qui connaît un succès certain si l’on se réfère aux chiffres du Ministère du Travail. Il annonce ainsi la conclusion de 191.309 ruptures conventionnelles sur la seule année 2009 (environ 8% du nombre total de ruptures de CDI sur la même période). Ce chiffre ne cesse de croître, pour atteindre plus de 20.0000 ruptures conventionnelles conclues chaque mois (24.803 pour le seul mois de décembre 2009).

A l’inverse, le nombre de refus d’homologation est en baisse (10% en décembre 2009 contre 13% en moyenne sur l’année), ce qui semble montrer une meilleure appropriation du dispositif par les entreprises.

Cependant, si les chiffres semblent témoigner de la « réussite » de ce dispositif, certaines entreprises voient toutefois leurs demandes refusées pour cause de « plan social déguisé », ce qui tend à démontrer l’existence de certaines dérives. A ces dérives, deux raisons à priori : la simplification de la procédure par rapport à celle du licenciement économique collectif (pas de plan de sauvegarde de l’emploi à partir du 9ième licenciement), et le coût relatif de l’opération par rapport à un plan de licenciement. Le ministère du Travail affirme :  « on n’assiste pas à des flux massifs de détournements ». On sous-entendra qu’il en existe quand même !

Dans le même registre, on peut s’interroger sur l’application de la rupture conventionnelle au départ anticipé à la retraite pour les seniors. L’OCDE s’en inquiète dans son article « Etude économique de la France 2009 : Avancée des réformes du marché du travail et dans les autres domaines« , où elle met en garde contre le risque que « les employeurs puissent abuser du nouveau dispositif de rupture conventionnelle pour se séparer des seniors à bon compte et aux frais de l’assurance chômage. ». A l’inverse, Pierre Cahuc et André Zylbererg, dans leur livre « Les réformes ratées du président Sarkozy », pensent que le dispositif de rupture conventionnelle est une opportunité pour certains salariés séniors «d’avancer très sensiblement l’âge du départ à la retraite». A-t-on besoin de la rupture conventionnelle pour cela ?

Au-delà des quelques détournements du dispositif, celui-ci semble offrir certains avantages. Les relations entre les salariés et les entreprises se sont modifiés Une carrière professionnelle ? … mais ça n’existe plus. L’enquête établie par Opinionway « Les moins de 30 ans et l’esprit d’entreprise en France » montre que les jeunes sont prêts à quitter leur employeur avant même d’avoir trouvé un nouvel employeur, ce qui est facilité par ce dispositif, notamment grâce aux indemnités perçues et à l’accès aux allocations chômage.

Plus encore, l’enquête « Les moins de 30 ans et l’esprit d’entreprise en France » montre que près d’un jeune sur deux envisage de créer son entreprise (L’esprit de l’entrepreneuriat souffle sur la France. Tant mieux. Combien le feront ? Quels en sont les leviers ?  Espérons qu’ils ne se projettent pas en auto entrepreneurs… Autres questions à débattre.). Or, comme le rappelle également cette étude, l’aspect financier (capital de départ) reste le principal frein à l’entrepreneuriat en France. Le dispositif de rupture conventionnelle peut être une opportunité pour les salariés qui souhaitent créer leur entreprise. Il permet de mettre fin au contrat de travail et de bénéficier des dispositifs pour les créateurs d’entreprise de Pole Emploi.

 

rupture conventionnelleLa rupture conventionnelle est une version allégée et moins hypocrite d’une pratique déjà existante, le « licenciement accompagné d’une transaction » (rupture transactionnelle) qui élimine le risque de Prud’hommes.

Elle est aussi une version renforcée d’un dispositif existant mais peu connu et peu utilisé « la rupture amiable », probablement parce que les modalités étaient peu explicites, laissant une large part à la négociation.

Lorsque la rupture conventionnelle est utilisée dans un contexte de réelle volonté des deux parties de mettre fin à leurs relations, elle présente un avantage non négligeable, celui d’être moins traumatisante pour le salarié (échange allégé de reproches), pour le responsable RH (échange allégé de reproches) et l’entreprise « Nous étions d’accord ».

Pour réussir une rupture conventionnelle, il faut désormais maîtriser l’art de la négociation. Tous en formation !

Auteur : Equipe id-carrieres