Articles avec le tag ‘DRH’

nov 9

Parcours RH : du fonctionnel à la stratégie… partage d’expériences

4198244704_9b903d5e27_zDans son excellent article de juin dernier, sur RHInfo, site sponsorisé par la société ADP, Pourquoi la fonction RH n’est-elle pas stratégique ? Patrick Bouvard listait les hypothèses suivantes :

- Une hypothèse organisationnelle : la fonction RH est une fonction partagée avec toute la hiérarchie…

- Une hypothèse fonctionnelle : la motivation même des DRH à sortir de leur zone de confort, de rationnalité mais aussi de pouvoir, constitué par les activités administration-gestion-juridique…

- Une hypothèse opérationnelle : les ressources humaines ne sont pas des facteurs stratégiques de l’entreprise, l’argent et le renseignement le sont davantage.

- Une hypothèse idéologique : la réalité sociale de l’entreprise “plombe” la liberté radicale des actionnaires portée par le PDG, et la finalité exclusivement économique de l’entreprise…la fonction RH un mal nécessaire dans une vision ultralibérale…

Intéressante structuration de la problématique !

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Comment suis-je personnellement entrée dans la fonction RH ? Pourquoi ?

C’est la première question que je me suis (re)posée à la lecture de l’article cité.

Au terme de ma formation, je souhaitais être une généraliste de l’entreprise, une ébauche de projet professionnel…

Pas simple à même pas 23 ans ! en dehors de la création d’entreprise que j’ai bien évidemment envisagée à travers l’étude de 3 projets, une époque où l’entrepreneuriat connaissait des barrières à l’entrée, économiques et culturelles, bien plus hautes qu’actuellement…

En quoi la fonction RH pouvait contribuer à mon objectif ? Je n’en savais rien à l’époque, un cheminement sans aucun doute, une intuition peut-être…

Tout d’abord, mon premier emploi était une fonction RH et Gestion. Deux typologies de mission qui pouvaient me donner l’impression en tant que junior de ne pas être enfermée dans une boîte… et d’être impliquée dans différents sujets. Ce fut le cas au prix bien évidemment d’une charge de travail importante sur le plan technique … lorsqu’on n’a jamais fait une paie ou négocier avec un syndicat ou clôturer un bilan… et d’un investissement important dans le développement accéléré de mes savoir-être et dans l’observation de mes collègues les plus expérimentés.

Ensuite le contexte même de l’entreprise, une création de filiale au sein d’un grand groupe. Un contexte plus entrepreneurial qu’on le penserait et qui rejoignait mes aspirations personnelles…

Un intérêt très vite développé pour imaginer et construire une Organisation notamment dans deux dimensions :

  • une structure et des processus de travail optimisés qui favorisent la performance collective et la cohésion d’un groupe;
  • des personnes clairement identifiées, positionnées sur les missions en adéquation avec leurs compétences et leurs aspirations, avec une projection potentielle à court ou moyen terme : « des personnes compétentes et motivées aux bons postes »…

Deux dimensions identifiées intuitivement qui resteront deux centres d’intérêts forts dans mes prochaines missions… voire un projet professionnel non abouti de Recherche-Action dans ce domaine : conciliation entre performance organisationnelle, développement des personnes individuellement, management collectif des ressources humaines.

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Personnellement, les RH et l’organisation m’ont rapidement conduite vers la stratégie de l’entreprise. Quelle organisation pour quelle stratégie ? quelle politique RH pour quelle stratégie ?

Je ne voulais plus faire de RH car je trouvais le poste de RRH ou DRH trop fonctionnel… Les leviers des systèmes d’information pour améliorer le fonctionnement opérationnel de l’entreprise mais aussi pour enrichir les postes de travail des salariés ont retenu toute mon attention. La gestion de projets intégrant la stratégie d’entreprise ET la stratégie organisationnelle & RH était bien plus passionnante ! Comme l’a été parallèlement l’accompagnement individuel des parcours professionnel dans un marché du travail en profonde transformation (individualisation des parcours, logique Compétences vs Emploi, etc.).

Jusqu’au jour où un poste de DRH dans un contexte de forte évolution stratégique et de réorganisation s’est présenté. Après néanmoins un temps de réflexions car je n’avais guère envie de reprendre le quotidien d’un DRH dans une structure moyenne , et notamment le quotidien juridique et social (eh oui), j’acceptais. Les projets organisationnels et RH directement déclinés des objectifs stratégiques, la contribution à un comité de direction animé par un DG visionnaire et entrepreneur m’ont fait revenir à la fonction RH…

Les évolutions profondes et rapides des organisations et donc du management des ressources humaines m’ont ensuite conduite vers le projet entrepreneurial d’aujourd’hui avec Canden RH et id-carrieres.com, convaincue de la possible réconciliation entre les objectifs, intérêts et aspirations des organisations et des personnes individuellement… dans une dynamique d’actions qualitatives pour les deux parties… hier et aujourd’hui nourrie par les technologies et leurs usages…

Un parcours sous le signe de l’hypothèse fonctionnelle de Patrick Bouvard à contresens ?

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Vous êtes étudiant en Ressources Humaines, professionnels des RH ou plus largement un acteur du monde de l’entreprise, comment voyez-vous, percevez-vous, vivez-vous la gestion/le management des ressources humaines ? N’hésitez pas à partager vos expériences et avis en laissant un commentaire. Merci.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
juil 4

DRH en actions : Didier Baichère, DRH Alcatel-Lucent France

Copie de Portrait_Alcatel_Lucent-09Bonjour Didier Baichère.

Merci d’inaugurer notre toute nouvelle thématique « DRH en actions” centrée sur la fonction de DRH et le partage d’expériences concrètes.

Nous suivons, notamment grâce aux présences Twitter et Facebook de vos équipes et de vous-même, les nombreuses initiatives internes et externes menées par la Direction des Ressources Humaines d’Alcatel-Lucent dans le cadre d’une politique RH en dynamique à propos de laquelle vous aimez dire : “non seulement les RH contribuent à la stratégie de développement de l’entreprise, mais elles la conduisent”.

Séduits par votre vision, vos convictions et l’innovation des actions conduites par vos équipes, nous avons souhaité que vous nous présentiez concrètement quelques actions clés et les réflexions qui ont prévalu à vos choix.

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Les Ressources Humaines au cœur de la transformation de l’entreprise

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Se transformer d’abord…

« Pour contribuer et accompagner la transformation engagée par Alcatel-Lucent fin 2008, il nous a semblé logique de nous questionner d’abord en tant que fonctions RH, et notamment :

  • Peut-on être des acteurs de la transformation de l’entreprise ?
  • Quelles pourraient être notre contribution, nos initiatives, notre proposition de valeur ?

Afin d’y répondre, nous avons conduit principalement les actions suivantes :

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Mieux comprendre la stratégie de l’entreprise

Pour mieux appréhender notre rôle dans la réussite des objectifs poursuivis par l’entreprise, nous avons travaillé en proximité avec la direction de la stratégie et du marketing. Il est essentiel de bien comprendre l’ADN de l’entreprise pour adapter les valeurs et la culture et les partager avec les salariés.

Nous avons organisé plusieurs ateliers avec 100% des équipes RH pour mieux comprendre la stratégie de développement et les axes métiers qui pouvaient en découler. Nous nous sommes attachés, par exemple, à mieux comprendre et à utiliser les réseaux sociaux, qui sont au cœur de la prochaine révolution Internet, pour nos clients et pour nos salariés. Le positionnement de notre marqueur employeur en interne et en externe a totalement intégré les potentiels d’utilisation de ces réseaux sociaux, de l’univers du web 2.0… ce qui a donné naissance a notre politique RH 2.0

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Evaluer comment la fonction RH est perçue

Nous avons questionné les managers, qui sont nos principaux interlocuteurs et relais dans l’entreprise, afin d’identifier comment les équipes RH et leurs actions étaient perçues. Dans le processus de change management, cette étape est essentielle : comprendre comment nos clients nous perçoivent mais également quelle posture l’équipe RH doit adoptée en ligne avec la transformation du Groupe.

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Revisiter les processus RH

Afin d’aligner nos actions RH sur la stratégie de l’entreprise et conduire des missions nouvelles et plus qualitatives, toute l’équipe RH s’est engagée dans une revue des processus de travail afin de déterminer ce que nous ne ferions plus.

Nous avons pu ainsi libérer jusqu’à 30% du temps sur les processus administratifs, grâce notamment à l’évolution sur 2 ans de notre SIRH. Le temps ainsi libéré a été réinvesti dans le développement des talents et des managers de proximité et de nombreuses actions de promotion de la marque employeur autant en externe et en interne.

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Intégrer de nouvelles compétences RH et faire évoluer les postures

La transformation lorsqu’elle est profonde nécessite l’intégration de nouvelles personnes pour renouveler les compétences. Nous avons recruté de nouveaux collaborateurs RH, des profils juniors et des profils confirmés avec une expérience différente, une connaissance d’autres cultures. Cette dynamique a entrainé toute l’équipe a prendre une nouvelle posture tournée vers plus de communication et d’influence.

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Le coaching plutôt que la formation

Nous voulons privilégier l’accompagnement personnalisé du salarié avec un projet de développement personnel et des feedbacks. Le coaching est préféré à la formation notamment pour les profils juniors. Les actions de développement au long cours sont privilégiées par rapport au logique « one shot ».

La logique de parcours formation métiers, qui existait jusque la, a disparu. La diversité des expériences, l’instauration de la mobilité professionnelle et donc la diversité des parcours, implique une approche plus de type ‘cafétéria’ pour la formation avec un accompagnement des managers de type coaching pour faciliter la transformation et le choix des modules de formation.

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Associer les managers de proximité

Ils sont essentiels dans le processus de transformation de l’entreprise et c’est avec eux que la notion de HR ‘business partner’ prend tous son sens. Nous avons mené des actions originales avec les membres du Comité de Direction afin d’animer des groupes de parole sur l’ensemble de nos sites avec les managers de proximité. Des plans d’actions opérationnels sont ainsi mis en place et partagés très en amont par l’ensemble des équipes.

Nous avons énormément progressé en tant qu’équipe RH, notamment sur le sens et la qualité de nos actions. Plus que des programmes, nous avons construit une nouvelle politique RH citoyenne, agile et innovante,  en lien avec la profonde transformation stratégique de notre entreprise.  Elle vise à ce que chaque collaborateur de l’équipe RH et chaque salarié deviennent les ambassadeurs de la marque et des projets d’Alcatel-Lucent en interne et en externe. »

Nous vous remercions.

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Nous avons retenu :

  • Changer de posture : conduire la transformation de l’entreprise plutôt que l’accompagner.
  • Agir en interne comme en externe : cohérence et engagement.
  • Partager très en amont avec les managers opérationnels les plans d’actions.
  • Un projet individuel de développement pour chaque salarié.
  • Un leader qui expérimente, anime et maintient le cap : sens et actions.

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Alcatel-Lucent en bref

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Partenaire privilégié des fournisseurs de services, des entreprises, des secteurs stratégiques et des administrations du monde entier depuis de nombreuses années, Alcatel-Lucent est un leader des technologies mobiles, fixes, IP et optiques, ainsi qu’un précurseur dans le domaine des applications et des services. Avec les Bell Labs, Alcatel-Lucent dispose de l’un des centres de recherche et d’innovation les plus en pointe du secteur des communications.

Présent dans plus de 130 pays et doté de l’équipe de services internationale la plus expérimentée du marché, Alcatel-Lucent est à la fois un partenaire local et un interlocuteur de dimension internationale.

Alcatel-Lucent, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 16 milliards d’euros en 2010, est une société de droit français dont le siège social est installé à Paris.

Alcatel Lucent en France, c’est 9500 employés répartis sur 15 sites dont 80% ingénieurs et cadres et 1000 apprentis, stagiaires ou VIE par an.

C’est 2/3 des abonnés triple play (offre téléphonie, TV et Internet), 50% des communications mobiles (2G et 3G) et 50% des communications d’entreprises qui passent par des solutions et équipements Alcatel Lucent,

twitter : @dbaichere
twitter: @RHalcatelLucent  &  @talentEgal

http://www.facebook.com/AlcatelLucentRH

www.alcatel-lucent.com


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Auteur : Equipe id-carrieres
juil 4

DRH en actions : parlons concrètement de la fonction de DRH !

« DRH en actions » est une nouvelle thématique du blog Emploi et RH d’id-carrieres, consacrée à la fonction de Directeur ou Directrice des Ressources Humaines en entreprise.

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Les livres et le web sont plein d’informations, de concepts, de théories et d’avis sur les fonctions RH, le métier de DRH, le management des ressources humaines…

C’est à travers les réalisations de DRH en activité que nous avons souhaité illustrer les différentes facettes de ce métier, sa raison d’être, ses enjeux stratégiques et opérationnels, ses évolutions à venir…

« DRH en actions » s’adresse notamment :

  • Aux dirigeants d’entreprise et aux DRH en logique de partage d’expériences et de pratiques face aux évolutions,
  • Aux salariés sur lesquels la fonction porte toute son attention,
  • Aux managers qui sont les interlocuteurs privilégiés de la fonction RH,
  • Aux étudiants qui envisagent de s’orienter vers les métiers des Ressources Humaines,

Et à tous ceux qui s’intéressent, s’interrogent aussi, sur cette fonction de DRH, tantôt choyée, tantôt chahutée…

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Nous sommes heureux d’inaugurer « DRH en actions » avec une interview de Didier Baichère, DRH d’Alcatel-Lucent France.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
fév 26

DRH, changez de posture !

Opinion d’une ex-DRH en « écho » au très bon article Des Echos « Salariés cherchent DRH désespérément »

PhotoMP Alexiaet aussi aux nombreux articles parus depuis plusieurs mois dans la presse et sur le web (indiceRH) …

ou encore au débat du 19 mars prochain sur HR CHANNEL TV « les RH seront-ils les leaders de l’entreprise 2.0″ …

J’intervenais il y a quelques semaines devant les participants au Master RH de l’IAE de Lyon (Université Lyon 3) et comme d’habitude, j’ai constaté que les vocations sociales des futurs responsables RH étaient toujours bien présentes. Mais comme d’habitude, j’ai dû également apporter quelques bémols à des attentes louables mais qui pourront bien vite se transformer en frustrations après quelques mois d’exercice d’une fonction en entreprise (ou en cabinet, bientôt plus de commerciaux que des consultants RH … autre sujet).

A quelques rares exceptions, la fonction de DRH est très souvent cantonnée à une fonction de gestionnaire opérationnel et fonctionnel, ce que Les Echos appellent des techniciens : Administration du personnel, Gestion juridique, Gestion des relations sociales incluant un éventail de procédures, rapports, réunions obligatoires … Même les dossiers les plus sociaux, les plus managériaux, les plus stratégiques se révèlent être au final des dossiers techniques. Peu de place est laissée (ou prise) à la dimension managériale, à la vision stratégique (y compris en matière de politique RH) et à la relation humaine en raison du temps laissé par les activités de gestion, d’un management global de l’entreprise de plus en plus courtermiste, du positionnement de la fonction dans l’organisation, de la culture de l’entreprise, de la culture et sensibilité personnelle du dirigeant, etc.

Conduire une politique RH qui apporte à la fois une valeur ajoutée à l’entreprise et du sens et de la motivation pour les salariés nécessite de réunir de nombreux ingrédients, et notamment :

  • le partage d’une vision stratégique à long terme entre le DRH et la Direction générale,
  • la latitude donnée au DRH pour conduire des actions de fond, des actions qualitatives souvent très liées à la stratégie,
  • le pouvoir donné au DRH pour mettre en place dans la durée des dispositifs dans de nombreux domaines, de pouvoir expérimenter aussi …

Pour pouvoir être à la fois ce partenaire Expert et ce partenaire Business, et si les directions des entreprises veulent bien leur concéder ce rôle (condition nécessaire et indispensable et les directions générales ont des progrès à faire dans ce sens), les DRH eux-mêmes doivent s’imposer dans ce rôle auprès de leurs directions et aussi dépasser leur propre posture de techniciens pour appréhender une dimension de leader, une dimension politique, une dimension d’innovation.

Vincent Berthelot posait l’autre jour dans son blog la question du rôle moteur des RH dans la transformation des entreprises en 2.0. (thème repris pour HRChannel). Si tenté qu’on est défini ce qu’est l’entreprise 2.0, je voudrai plutôt retenir que les DRH ont un rôle majeur à jouer dans l’entreprise. Ils peuvent être l’acteur d’un équilibre entre enjeux économiques et enjeux sociaux, d’un équilibre entre stratégie d’entreprise et sens pour le personnel, … Ils peuvent être des acteurs majeurs dans les évolutions à opérer tant sur le plan stratégique, organisationnel (le collectif) qu’ individuel (le salarié).

Tenir cette position dans l’entreprise est un challenge pour les DRH (et depuis plusieurs années déjà) : il leur faut développer une organisation de haute qualité pour leurs missions d’administration et de gestion (pas toujours les moyens), des compétences de haut niveau en management général d’entreprise, partager leur vision avec l’ensemble des acteurs et convaincre.

Le coût des ressources humaines et de leur gestion est élevé pour l’entreprise, en réalisant le saut qualitatif qui manque à leur politique RH, elles ont tout à y gagner et leurs salariés aussi.

Et vous DRH, aussi.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
fév 22

La rupture conventionnelle : plus de négociation, moins de traumatismes.

En réponse à la crise sociale actuelle, le législateur a souhaité « fluidifier le marché du travail », en instaurant la loi de modernisation du marché du travail du 25 juin 2008.

Cette loi introduit notamment le dispositif de rupture conventionnelle, qui connaît un succès certain si l’on se réfère aux chiffres du Ministère du Travail. Il annonce ainsi la conclusion de 191.309 ruptures conventionnelles sur la seule année 2009 (environ 8% du nombre total de ruptures de CDI sur la même période). Ce chiffre ne cesse de croître, pour atteindre plus de 20.0000 ruptures conventionnelles conclues chaque mois (24.803 pour le seul mois de décembre 2009).

A l’inverse, le nombre de refus d’homologation est en baisse (10% en décembre 2009 contre 13% en moyenne sur l’année), ce qui semble montrer une meilleure appropriation du dispositif par les entreprises.

Cependant, si les chiffres semblent témoigner de la « réussite » de ce dispositif, certaines entreprises voient toutefois leurs demandes refusées pour cause de « plan social déguisé », ce qui tend à démontrer l’existence de certaines dérives. A ces dérives, deux raisons à priori : la simplification de la procédure par rapport à celle du licenciement économique collectif (pas de plan de sauvegarde de l’emploi à partir du 9ième licenciement), et le coût relatif de l’opération par rapport à un plan de licenciement. Le ministère du Travail affirme :  « on n’assiste pas à des flux massifs de détournements ». On sous-entendra qu’il en existe quand même !

Dans le même registre, on peut s’interroger sur l’application de la rupture conventionnelle au départ anticipé à la retraite pour les seniors. L’OCDE s’en inquiète dans son article « Etude économique de la France 2009 : Avancée des réformes du marché du travail et dans les autres domaines« , où elle met en garde contre le risque que « les employeurs puissent abuser du nouveau dispositif de rupture conventionnelle pour se séparer des seniors à bon compte et aux frais de l’assurance chômage. ». A l’inverse, Pierre Cahuc et André Zylbererg, dans leur livre « Les réformes ratées du président Sarkozy », pensent que le dispositif de rupture conventionnelle est une opportunité pour certains salariés séniors «d’avancer très sensiblement l’âge du départ à la retraite». A-t-on besoin de la rupture conventionnelle pour cela ?

Au-delà des quelques détournements du dispositif, celui-ci semble offrir certains avantages. Les relations entre les salariés et les entreprises se sont modifiés Une carrière professionnelle ? … mais ça n’existe plus. L’enquête établie par Opinionway « Les moins de 30 ans et l’esprit d’entreprise en France » montre que les jeunes sont prêts à quitter leur employeur avant même d’avoir trouvé un nouvel employeur, ce qui est facilité par ce dispositif, notamment grâce aux indemnités perçues et à l’accès aux allocations chômage.

Plus encore, l’enquête « Les moins de 30 ans et l’esprit d’entreprise en France » montre que près d’un jeune sur deux envisage de créer son entreprise (L’esprit de l’entrepreneuriat souffle sur la France. Tant mieux. Combien le feront ? Quels en sont les leviers ?  Espérons qu’ils ne se projettent pas en auto entrepreneurs… Autres questions à débattre.). Or, comme le rappelle également cette étude, l’aspect financier (capital de départ) reste le principal frein à l’entrepreneuriat en France. Le dispositif de rupture conventionnelle peut être une opportunité pour les salariés qui souhaitent créer leur entreprise. Il permet de mettre fin au contrat de travail et de bénéficier des dispositifs pour les créateurs d’entreprise de Pole Emploi.

73096542La rupture conventionnelle est une version allégée et moins hypocrite d’une pratique déjà existante, le « licenciement accompagné d’une transaction » (rupture transactionnelle) qui élimine le risque de Prud’hommes.

Elle est aussi une version renforcée d’un dispositif existant mais peu connu et peu utilisé « la rupture amiable », probablement parce que les modalités étaient peu explicites, laissant une large part à la négociation.

Lorsque la rupture conventionnelle est utilisée dans un contexte de réelle volonté des deux parties de mettre fin à leurs relations, elle présente un avantage non négligeable, celui d’être moins traumatisante pour le salarié (échange allégé de reproches), pour le responsable RH (échange allégé de reproches) et l’entreprise « Nous étions d’accord ».

Pour réussir une rupture conventionnelle, il faut désormais maîtriser l’art de la négociation. Tous en formation !

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Auteur : Equipe id-carrieres