L'évolution du recrutement passera-t-elle par les recruteurs et les candidats ?

« L’évolution du recrutement passera par les sciences, mais on souhaite qu’il reste humain ! » Voici résumée en 2 phrases la tendance des conversations qui se sont agitées lors de la rmsconf Paris dédiée aux innovations en matière de recrutement.

Pourtant l’évolution du recrutement est davantage passée ces dernières années par les individus que par les entreprises. Les individus, et même les talents pourtant si chéris, ont été pour moi les grands oubliés de la conférence. Les candidats ont été projetés comme passifs, critérisables ou interviewables par des robots plus intelligents que les recruteurs en personne.

L’évolution du recrutement passera-t-elle par les recruteurs ou par les candidats ?

Les données et les algorithmes redonneront-ils les pleins pouvoirs aux recruteurs ?

Le recrutement social, l’expérience candidat qui n’ont même pas fini d’émerger seront-ils engloutis dans quelques mois ou années par l’intelligence artificielle, la robotique et consorts ?

Ceux sont quelques idées que je vous propose de challenger aujourd’hui à l’aube (ou presque…) de 2025 afin de projeter les nouvelles relations d’emploi et de recrutement auxquelles les candidats doivent potentiellement se préparer, que les candidats doivent continuer à influencer ?? Où sera l’intelligence collective en 2025 ? Aux mains des robots et de ceux qui les programment ?

 

Du candidat social au recruteur via les réseaux sociaux ?

L’évolution du recrutement comme celle de la consommation sont venues ces dernières années des internautes, citoyens, consommateurs, étudiants, candidats, salariés… Les entreprises ont été contraintes de s’adapter aux nouveaux comportements, usages et cultures induites par l’utilisation des nouvelles technologies.

C’est parce que les candidats actifs ou passifs ont adopté LinkedIn et Viadeo pour se retrouver, échanger, développer leur réseau professionnel, rechercher un emploi en mode recommandation que les recruteurs y sont aussi aujourd’hui pour rechercher des profils, publier des offres d’emploi, promouvoir leur marque employeur, améliorer l’expérience de recrutement des candidats, mobiliser leurs communautés internes, créer des réservoirs de talents, etc.

Nous avons écrit de nombreux billets sur l’évolution du recrutement et les réseaux sociaux depuis 4 ans sur ce blog ou sur le blog de CandenRH que vous aurez peut-être plaisir à lire ou à relire :

Pourquoi serais-je un candidat 2.0 ? 

Les médias sociaux, filtre aseptisant ou nouvelle forme de socialisation ? 

Le recrutement se transforme-t-il ? 

Les médias sociaux : un espace d’apprentissage quel que soit leur devenir ?  

Le recrutement : de la relation aux données et toujours 4 questions de fond ? 

Le recrutement : des jobboards aux réseaux sociaux pour le meilleur ou pour le pire

Du robot recruteur au robot candidat ?

Les technologies et sciences émergentes d’aujourd’hui comme les data analytics, les neurosciences, la robotique peuvent nous paraître complexes et affaires de spécialistes, avec un coût d’apprentissage et un coût d’acquisition élevés. Il est probable comme nous l’avons connu déjà ces dernières années que ces coûts baisseront. 

Les apprentissages continueront à être facilités par la logique communautaire qui s’est développée ces dernières années grâce à Internet et dont on voit mal comment elle pourrait régresser aux vues des avantages économiques et sociaux produits.On le constate déjà pour les objets connectés.

Comme le souligne Jeremy Rifkin dans son dernier bestseller « la nouvelle société du coût marginal zéro », le développement de l’économie du partage illustré aujourd’hui par l’autolib, Bla Bla Car ou Airnb permettra aussi au plus grand nombre d’y accéder.

Dans ce cas comment ne pas imaginer que le candidat pourra lui aussi disposer, en mode propriétaire ou partage, de données, d’algorithmes, de drones, d’hologrammes, d’un robot ou plusieurs pour évaluer l’entreprise, le recruteur robot ou le recruteur-homme, son futur manager, ses futurs collègues ou leurs représentants robots ou hologrammes… 

« L’Homme augmenté, l’Homme Digital, l’Homme 3.0, hyper-connecté et mesuré de toutes parts est un nouveau genre de candidat en plein essor pour le recruteur » mentionne Jean-Baptiste Audrerie sur son blog.

Il est fort probable que la réciproque soit vraie : un nouveau genre de recruteur que les talents pourront aussi mesurer ! 

Peut-être serons-nous aussi recrutés avec notre assistant-robot, pour notre assistant-robot qui nous accompagnera dans la réalisation de notre travail ? Ce qui nous conduirait à évaluer les assistants-robots de notre futur employeur lors du recrutement …

Evolution du recrutement, avant tout une évolution économique et sociétale ?

Le recrutement a toujours cherché à sécuriser la prédiction de la performance future du candidat (le graal), à accroitre la réactivité et à réduire les coûts.

L’utilisation, projetée dans le recrutement et le management, des sciences et des technologies associées, peut contribuer à évaluer plus de candidats, à mieux évaluer les compétences comportementales et les intentions, à mieux prédire la performance dans le poste… Et ce serait aussi vrai du côté des candidats.

Ils(nous) seront probablement recrutés au sein d’équipes dont les missions seront de mettre au point, maintenir ou coacher les robots « employés » par les entreprises.

S’il y a tout lieu de penser que la relation humaine sera maintenue dans les dernières étapes de ces recrutements, ce ne sont pas les sciences et les technologies qu’il faut craindre plus globalement dans le monde du travail et dans nos vies, mais ce que nous en ferons, sous l’influence ou pas des organisations qui les détiendront, les orienteront, les distribueront…

Le Dr Laurent Alexandre, intervenant à la rmsconf et qui a publié plusieurs articles sur le sujet, prévient : « Autour de 2040 émergeront des machines dotées de la capacité du cerveau humain. Et d’ici à la fin du siècle, elles nous dépasseront en intelligence, ce qui poussera l’homme à vouloir « s’augmenter » par tous les moyens. »  A lire dans le JDD : La stratégie secrète de Google apparaît…

Les changements sont rapides, en tant que citoyens, consommateurs ou professionnels, nous pouvons, notamment grâce à Internet et aux médias sociaux, nous engager aujourd’hui pour modeler la société et l’économie d’aujourd’hui et de demain. Un autre sujet !

 

Et vous, comment percevez-vous les évolutions qui pointent dans le monde du travail et de l’emploi dans un contexte déjà complexe et plein de défis individuels et collectifs ?