Archive pour novembre 2010

nov 29

Pourquoi serai-je un salarié 2.0 ?

Les usages participatifs du Web questionnent avec une intensité croissante l’approche collaborative des entreprises notamment au travers des pratiques sociales des plus jeunes.

Effets de mode ou tendance lourde, comment concilier le désengagement des entreprises face à l’emploi, la l’individualisation des parcours professionnels avec des pratiques participatives, qui peuvent dans certains cas dépasser le cadre même de l’entreprise, voire du contrat de travail ?

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Rejoignant, pour partie, les objectifs du Knowledge Management (Gestion des connaissances), très en vogue au début des années 2000, les directions d’entreprise s’interrogent aujourd’hui sur comment proposer auprès des plus jeunes salariés (les autres aussi en ont besoin !) des démarches de coopération et de partage, dont on redécouvre les bienfaits en matière de créativité, de capitalisation des savoir, de motivation, de lien social…

Comment engager, motiver des salariés à formaliser pour l’entreprise ses connaissances et ses compétences, à représenter ou relayer l’entreprise dans ses actions de promotion ou de recrutement sur des réseaux sociaux alors que tous les salariés savent qu’ils ne sont que de passage dans l’entreprise, une boîte dont le couvercle reste désormais ouvert…

Comment pourrais-je promouvoir une image employeur ou un produit sur LinkedIn en 2010 pour Coca Cola et en 2012 pour Pernod Ricard, sachant que tout ce que j’aurai écrit sera retenu par les moteurs de recherche ? Sauf à être ou à jouer à Alexandre le bien heureux… « C’était bien, je suis toujours resté(e) en bon terme avec mon employeur et mes collègues ».

Que faire d’un blog individuel soutenu par mon entreprise et vaisseau de sa stratégie de visibilité sur le web, voire de veille, dont les contenus sont alimentés par mes missions quotidiennes formalisées par un contrat de travail, si demain je travaille pour une autre entreprise ?

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Pas simple !

Voilà quelques idées en vrac pour tenter de répondre à ces questions et engager le débat :

Je me suis d’abord dit qu’il fallait que l’entreprise élabore une charte interne de communication et de coopération prévoyant comme d’habitude toutes les modalités cas, et les cas plus tordus… peut-être aussi intégrer dans les contrats de travail individuel des clauses spécifiques pour les fonctions les plus concernées.

Encore un exercice juridique pas simple, me direz-vous. Il est difficile d’y échapper dans une relation par nature contractuelle. La problématique peut rejoindre dans certains cas celles de la propriété intellectuelle ou des brevets élaborés par des salariés sous contrat de travail avec les moyens de l’entreprise.

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Je me suis ensuite rappelée de la maxime de mon premier directeur chez Schneider qui me disait, « il n’y a pas de problème technique, il n’y a que des problèmes humaines »… J’ai donc creusé la thèse des intérêts « sociaux » réciproques, pas simple non plus…

Pourquoi en tant que salarié aurais-je envie de partager mes connaissances et mes expériences, les inscrire durablement dans un système d’information interne ou externe, prendre du temps à échanger sur des sujets professionnels avec d’autres personnes internes ou externes au-delà de mon périmètre d’équipe et d’action, recruter pour mon employeur dans mon réseau personnel direct ou élargi donc susciter l’engagement d’une autre personne dans une entreprise dont je connais les avantages et les inconvénients ? etc, etc.

Le paradis « Entreprise » doit aussi exister … et ces questions ne se posent pas si je suis pleinement heureux(se) et serein(e) dans mon entreprise (job intéressant, bien rémunéré, de bonnes conditions de travail, des perspectives d’évolution, un management motivant, etc.). En revanche, si j’ai quelques rancœurs, amertumes, déceptions accumulées … la démarche sera plus difficile.

Et si les salariés n’avaient plus le choix pour des raisons formelles ou informelles. Pour des raisons formelles, on rejoindrait le contenu du poste avec le contrat de travail ou les pratiques internes avec la charte…

Pour des raisons informelles ?

Les salariés auraient intégré le « Personal Branding » Effet de mode ou tendance lourde, c’est à la fois une tendance positive de réaffirmation de l’individu face au collectif donc de pouvoir rééquilibré (surtout dans l’entreprise, car dans notre société l’individualisme est déjà de mise depuis longtemps…) mais aussi une tendance exigeante voire risquée qui nécessite d’acquérir de nouveaux savoir-faire …

Les salariés auraient aussi intégré que dans une économie de la connaissance et mondialisée, les compétences et l’identité professionnelle se construisent sur un terrain de jeu élargi, dans l’échange, la coopération, le partage de connaissances et d’expériences, un apprentissage de personne à personne… mais aussi que les compétitions individuelles sont désormais dépassées …. Difficile à croire quand on évoque en parallèle l’individualisation des parcours professionnels ou la guerre des talents…

Sans en retenir les difficultés et les contradictions, on peut aussi conclure que le nouveau paradigme professionnel n’est certainement pas vrai pour tous les métiers … que la tendance du Personnal Branding peut renforcer la fracture numérique entre ceux qui savent faire un peu, beaucoup et les autres…

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Faut-il alors rechercher du côté des directions d’entreprise les dispositifs crédibles qui motiveront les salariés à jouer le jeu de l’entreprise participative ? Plus de lien social, plus de sens au travail, plus de valorisation, plus de reconnaissance, un package de départ plus volumineux… pour un engagement participatif individuel infaillible même si le contrat est à durée déterminée ?

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L’entreprise 2.0 est un concept motivant et qui a du sens, comme dans une moindre mesure le Knowledge management a pu l’être en son temps. Trop outillé, trop productiviste, il a probablement manqué au KM la dimension humaine et le contexte sociologique qui pousse, éléments dont bénéficient aujourd’hui le concept de l’entreprise 2.0.

Si les entreprises ne réforment pas en profondeur leurs gestions des ressources humaines et leurs modes de management divers, si tant est qu’elles puissent le faire dans la bataille économique et financière qu’elles livrent par ailleurs, le concept de l’entreprise 2.0 se résumera peut-être à l’entreprise avec un saupoudrage de 2.0 … que la moindre tempête économique ou un nouveau concept balaieront …  D’autres ont déjà connu le même sort.

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Etes-vous un salarié 2.0 ou souhaitez-vous l’être ? Qu’est-ce qui vous motive ou vous motiverait à le devenir ?

N’hésitez pas à partager votre vécu ou vos réflexions en commentant cet article.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
nov 29

Rareté des emplois et rareté des talents : le paradoxe

Le taux de chômage n’a jamais été aussi élevé depuis 1995 et en parallèle les entreprises rencontrent des difficultés à recruter les compétences dont elles ont besoin.

Un paradoxe difficile à comprendre pour toutes les personnes à la recherche d’un emploi et pour les directions d’entreprise en recherche de nouveaux collaborateurs.

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Derrière ce paradoxe, on retrouve plusieurs sujets :

- La conjoncture économique bien évidemment à l’origine du chômage conjoncturel

- Le décalage entre la formation et l’emploi à l’origine du chômage structurel. Et au-delà, la question de la professionnalisation de la formation …

- Les mêmes compétences rares, stratégiques, clés … recherchées par toutes les directions d’entreprises et des candidats dits « talentueux » qui regardent à deux fois …

- La tendance démographique avec le départ massif en retraite des baby boomers, tendance à priori favorable aux actifs il y a 3 ans et qui s’est heurtée à la crise économique et au report de l’âge de la retraite.

- L’inégale répartition géographique des emplois et des compétences et une mobilité géographique professionnelle freinée notamment par la cherté du logement…

- Le coût élevé de la main d’œuvre qui freine les recrutements (charges sociales, taxes, impôts … et malgré tout des systèmes collectifs déficitaires).

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Mais aussi :

- Une frilosité des candidats à l’égard du changement face aux incertitudes du marché de l’emploi et des situations économiques des entreprises.

- Une frilosité des recruteurs à miser sur la transférabilité à un autre secteur des compétences et des expériences des candidats, même si les difficultés à recruter « des talents » semblent amorcer une légère évolution sur ce point.

- Des qualifications croissantes des salariés dans une économie du tertiaire, mais aussi une moindre valorisation salariale et une nouvelle échelle d’appréciation des « employés qualifiés »…

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L’emploi comme pris au piège de la complexité, de l’interdépendance, de l’inertie, de la diversité, de la réactivité …

Et des solutions qui devront probablement relevées de l’innovation, de l’expérimentation, de l’éducation (au sens large), de la flexibilité, de la solidarité (pas seulement financière) de tous les acteurs pour retrouver le chemin de la croissance …  La croissance, une bonne réponse certes mais dans un système qui aura été préalablement réformé pour que les mêmes causes ne produisent plus les mêmes effets.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
nov 22

Une idée pour Pôle Emploi. Idée N°2 : soutenir la recherche des demandeurs d’emploi

Nous avons retenu pour l’idée N°2 de notre série « Une idée pour Pôle Emploi« , relative à l’enquête publiée le 25 octobre dernier, le thème de la recherche d’emploi pour un demandeur d’emploi. Cette idée pourrait être retenue par d’autres organisations que Pôle Emploi et notamment toutes les institutions d’enseignement et de formation …

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L’enquête réalisée par Pôle Emploi auprès de demandeurs d’emploi inscrits révèle que 19% des demandeurs d’emploi rencontrent la difficulté suivante : « Une fois mon inscription réalisée, je ne savais pas comment commencer ma recherche d’emploi« .

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Nous avons aussi noter  que :

  • 23% des demandeurs d’emploi interrogés ne savent pas quel métier ils peuvent exercer.
  • 19% disent aussi ne pas savoir comment se présenter, se préparer pour rencontrer une entreprise et valoriser leurs candidatures.
  • 16% ne savent pas où chercher les offres d’emploi
  • et 13% ne savent pas comment écrire leur CV et une bonne lettre de motivation (à notre avis, ils sont en réalité plus nombreux y compris parmi les salariés en activité professionnelle).

L’analyse des résultats conduit Pôle Emploi à déduire que les personnes qui ont le plus de difficultés avec les entreprises, leur formation ou leur expérience sont soit des cadres qui recourent rarement à Pôle Emploi (?), soit des personnes peu qualifiées qui, elles, recourent très souvent aux services de Pôle Emploi.

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image N°2Pour aider les demandeurs d’emploi dans leurs démarches de recherche et de candidature.

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  • Accompagner le demandeur d’emploi dès le début de la période d’inactivité à préparer et orienter sa recherche d’emploi et le maintenir en dynamique d’actions.
  • A minima, proposer systèmatiquement des formations-actions, et non pas des réunions d’informations, sur les différentes démarches (rédaction CV et de lettres, sites d’annonces d’emploi, entretien d’embauche, etc.) et sur le marché de l’emploi. Elles doivent non seulement permettre à chaque personne de construire ses outils de communication mais aussi d’identifier les personnes les moins préparées qui auront besoin d’un accompagnement personnalisé.
  • Réaliser de véritables entretiens d’accompagnement et de conseil avec le conseiller Pôle Emploi à la place d’un entretien de suivi et en informatisant via le site Pôle Emploi le recueil des actions conduites par le demandeur (personnes illettrées à suivre différemment). Ceci nécessite que les conseillers Pôle Emploi soient de véritables consultants en ressources humaines, et non plus des agents administratifs dont la mission se résume à renseigner le système d’information de Pôle Emploi. Et mieux encore, faire comme id-carrieres ! réaliser un accompagnement en ligne et à distance, un véritable soutien en s’appuyant sur les technologies de communication.
  • Plus largement, tous les organismes d’enseignement et de formation devraient intégrer une formation dédiée à la recherche d’emploi et à la gestion d’un parcours professionnel auprès de tous les élèves et étudiants, quel que soit le niveau (du CAP au doctorat…).

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D’autres idées sur ce sujet ? N’hésitez pas à nous laisser un commentaire.

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Auteur : Equipe id-carrieres
nov 22

Une idée pour Pôle Emploi. Idée N°1 : Faciliter la mobilité géographique des demandeurs d’emploi

Nous inaugurons cette semaine une série de billets « Une idée pour Pôle Emploi » sur la base des résultats de l’enquête rendue publique le 25 octobre et réalisée auprès des « usagers » de Pôle Emploi.

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Le premier sujet retenu porte sur la mobilité géographique professionnelle des demandeurs d’emploi.

L’enquête Pôle Emploi révèle en effet que 39% des demandeurs d’emploi se reconnaissent dans la difficulté suivante : « J’aurai des opportunités d’emploi loin de mon domicile mais les frais liés à un entretien ou le coût d’un déménagement sont trop importants ».

.39%, c’est énorme ! Près de 4 demandeurs d’emploi sur 10.

Si on extrapole ce pourcentage sur le nombre approximatif de personnes en recherche d’emploi, cela signifierait qu’environ 2 millions de demandeurs seraient concernés ! 2 millions de personnes qui potentiellement pourraient conduire une recherche d’emploi élargie avec plus de chance d’aboutir ! Et ce moyennant une mobilité « navette » ou une mobilité « résidentielle » (déménagement).

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Il est généralement convenu que la mobilité géographique professionnelle dépend de plusieurs facteurs et notamment :

  • de la qualité de l’emploi proposé (contrat pérenne, rémunération, …),
  • des infrastructures de transport et de leurs coûts,
  • de la capacité financière des personnes,
  • des prix de l’immobilier (plus élevé dans les bassins d’emploi dynamique),
  • des coûts des transactions immobilières (droits d’enregistrement, frais de notaire, frais d’agence, frais d’emprunt),
  • de l’emploi du conjoint,
  • de la présence d’enfants scolarisés,
  • de l’attachement au lieu de résidence et au réseau familial ou relationnel,
  • de l’appréhension du changement d’environnement, etc.

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Si 39% des demandeurs d’emploi évoquent des raisons financières, c’est qu’ils auraient à priori levé les barrières personnelles à la mobilité géographique, par choix ou par contrainte. Prêts à une mobilité quotidienne ou définitive pour retrouver un emploi.

Mais le coût d’accès à la mobilité automobile et/ou résidentielle est élevé et les demandeurs d’emploi (à faible revenu) sont écartés de fait du marché du travail. La problématique du coût du logement est souvent écarté des débats sur le retour à l’emploi, car c’est une variable sur laquelle les acteurs de l’insertion considèrent qu’ils n’ont aucune prise.

Il existe en France de nombreux dispositifs d’aide à la mobilité géographique professionnelle, voir notre article Droit de l’Emploi sur les aides au Logement et à la Mobilité, De plus, Pôle Emploi dispose d’un dispositif propre d’aides à la mobilité et d’ aides à la recherche d’emploi.

Nous observons que les aides à la mobilité de Pôle Emploi sont réservées aux demandeurs ayant déjà trouvé un emploi ! Et que le remboursement des frais de déplacements est loin d’être une démarche systématique et simple à exécuter ! Bons SNCF aux horaires contraignants par exemple ou refus de prise en charge pour des raisons budgétaires… .

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image idée N°1 Pôle emploiPour faciliter la mobilité géographique professionnelle des demandeurs d’emploi

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  • Aider les demandeurs d’emploi à projeter un budget logement/déménagement en s’appuyant sur les services publics du logement et des spécialistes de la relocalisation de personnel (comme notre partenaire Via Humanis)
  • Elargir aux demandeurs d’emploi les aides à la mobilité destinées aux salariés en poste comme le Mobili-Pass. L’Etat a bien utilisé une part des fonds de la formation professionnelle pour la formation des demandeurs d’emploi (FPPSS). Pourquoi n’en ferait-il pas autant avec le Fond National d’Aide au Logement ? Les entreprises ne verraient pas d’un mauvais œil l’utilisation d’une partie de l’ancien 1% logement pour faciliter la mobilité de futurs salariés comme c’est déjà le cas pour faciliter la formation.
  • Mieux prendre en charge les dépenses de déplacement liés à la recherche d’emploi pour ne pas décourager les candidatures sur d’autres bassins d’emploi. Pour maîtriser le budget global, il faudra nécessairement aider le demandeur d’emploi à transformer une candidature en embauche (c’est tout l’enjeu de la personnalisation du suivi : l’efficacité de la recherche…  autre sujet). S’il faudra au départ amorcer la pompe, il y a lieu de penser que le budget global de déplacements sera bien vite financé par l’arrêt des versements de l’allocation chômage aux personnes ayant retrouvé un emploi dans une autre ville ou région et par leurs cotisations sociales d’actifs.

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Auteur : Equipe id-carrieres
nov 18

L’entreprise, c’est qui ? Les dirigeants sont-ils les animateurs d’une communauté ? Les DRH, les directeurs de l’Organisation Sociale ?

A plusieurs reprise lors de la rédaction d’un article sur l’emploi, des ressources humaines, le management, etc.  je me suis surprise à me demander : tu parles en permanence de l’entreprise qui devrait faire çi ou ça, mais de qui finalement parles-tu, c’est qui ?

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Les différentes théories économiques appréhendent l’entreprise comme un agent économique autonome qui produit et vend des produits/services ou comme un mode de coordination économique alternatif au marché ou bien encore un territoire de relations contractuelles entre agents économiques …

La propriété du capital et le pouvoir qu’elle octroie sont toujours questionnés notamment par la crise financière récente ou par le développement de l’actionnariat salarié. Ou encore la part croissante des actifs immatériels et mouvants que constituent la connaissance et la compétence, capital immatériel des salariés individuellement à priori (groupe aussi).

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En tournant la notion dans tous les sens, je reviens toujours à me dire que l’entreprise, c’est toujours au final des hommes et des femmes.

Qu’ils s’agissent des actionnaires (qui peuvent être pour partie des salariés directement ou indirectement représentés), des dirigeants (aujourd’hui très souvent salariés) ou d’autres parties prenantes, les fameux stakehoders), quand on parle de l’entreprise, on parle avant tout des femmes et des hommes qui la dirigent, animés par des attentes, des valeurs, des enjeux personnels aussi …

Aujourd’hui principalement salariés, ces dirigeants ont connu et connaissent comme tous les salariés la logique du contrat de travail, les réalités du marché de l’emploi (licenciement, séniorité, incertitudes…), les enjeux de développement de leurs compétences, la négociation de leur salaire, une évaluation annuelle de leurs réalisations … Certes dans un contexte de responsabilités, de prise de décisions, de ligne hiérarchique ou de rareté de leaders qui est spécifique mais qui leur confèrent un rôle d’animateurs d’une « communauté » de femmes et d’hommes à laquelle ils appartiennent de fait, même si cette appartenance à la communauté Entreprise devient pour tous de plus en plus ponctuelle ou éphémère.

Si l’on retient la définition synthétique de la communauté donnée par Bertrand Duperrin dans son excellent article Le web 2.0 a-t-il tué les communautés ? , « une communauté nécessite un centre d’intérêt, un but commun et la volonté d’interagir ensemble ». On pourrait dire que l’entreprise est une communauté : le centre d’intérêt et le but commun existent, même s’ils peuvent se réduire à un objectif strictement économique et financier à deux niveaux différents. La volonté d’interagir ensemble n’est quant à elle pas spontanée. N’est-ce pas aux dirigeants en tant qu’animateur de cette communauté de créer les conditions de la motivation, de la participation et la coopération ? D’identifier comment la communauté fonctionne et pourra fonctionner demain, de créer les conditions d’une transformation socioculturelle qui sera désormais continue compte tenu de l’environnement…

Les évolutions sociétales et sociologiques actuelles autour de la participation individuelle et qui tendent à replacer les salariés au cœur des enjeux de compétitivité des entreprises sont une formidable opportunité pour les dirigeants de se repositionner sur ce rôle d’animateur d’une communauté, composée par ailleurs elle-même de communautés au sens du 2.0, et de redonner du sens à l’appartenance et à l’engagement à l’entreprise dans un paradigme socioculturel nouveau.

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Je n’utiliserai plus « l’entreprise » pour désigner ses dirigeants et peut-être même devrions-nous renommer les directeurs/trices des ressources humaines Directeurs/trices de l’Organisation Sociale… On va peut-être réussir à mettre fin à l’usage de la notion de ressources humaines et de capital humain !

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
nov 15

Contenu définitif de la loi portant réforme des retraites 9 novembre 2010

LOI n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 relative à la réforme des retraites a été promulguée au journal officiel le 9 novembre 2010. Nous avons mis à jour l’article que nous avons publié le 23 septembre dernier. De nombreux décrets doivent encore venir préciser ce texte.

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Relèvement de l’âge légal de départ à la retraite

L’âge légal de départ à la retraite, aujourd’hui fixé à 60 ans, sera progressivement relevé à raison de 4 mois par an à partir de la génération née en 1951. Il sera ainsi porté à 62 ans en 2018.

De même, l’âge auquel un salarié peut prétendre à une retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés, qui était jusqu’ici fixé à 65 ans, passera à 67 ans d’ici 2023. Cette mesure impacte principalement les carrières discontinues, notamment les femmes et les personnes en difficulté d’emploi. Des mesures complémentaires (voir chapitre « Dispositifs de solidarité ») ont donc été prises afin de ne pas pénaliser certaines catégories de personnels, notamment les femmes.

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Fonctionnaires

Le régime de retraite des fonctionnaires sera  aligné sur celui des salariés du secteur privé progressivement avec notamment :

  • Une augmentation progressive du montant des cotisations retraite de 7,85% à 10,55% d’ici 2020 ;
  • Un relèvement de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite d’ici 2018. Les fonctionnaires des catégories actives voient également l’âge légal de départ à la retraite augmenter de deux ans.
  • La suppression au 1er janvier 2012 du dispositif de départ anticipé permettant de partir en retraite après 15 ans de service et 3 enfants ;
  • L’harmonisation avec le secteur privé de la règle d’obtention du minimum garanti. Les fonctionnaires devront avoir cotisé tous leurs trimestres ou attendre l’âge du taux plein pour en bénéficier.

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Régimes spéciaux

Les salariés qui dépendent des régimes spéciaux ne seront pas concernés par le relèvement de l’âge légal avant 2017. Ce délai tient compte de la mise en place de la réforme de 2008 concernant ces régimes. Ils sont néanmoins concernés par l’augmentation du montant des cotisations.

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Durée de cotisation

La durée de cotisation sera indexée sur l’espérance de vie des français, calculée par l’INSEE. La durée de cotisation sera ainsi portée à 41 ans et 1 trimestre en 2013 et à 41,5 ans en 2020.

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Pénibilité

Les salariés ayant un taux d’incapacité permanent de 10% à condition de pouvoir justifier du fait que cette incapacité résulte de l’exposition à des facteurs de pénibilité pourront bénéficier de leur retraite à taux plein à 60 ans, même s’ils ne justifient pas de la durée de cotisation requise.

Un dossier médical constitué par le médecin du travail retrace dans le respect du secret médical les informations relatives à l’état de santé du travailleur, aux expositions auxquelles il a été soumis ainsi que les avis et propositions du médecin du travail.

L’employeur consigne dans une fiche les conditions de pénibilité auxquelles le travailleur est exposé, la période au cours de laquelle cette exposition est survenue ainsi que les mesures de prévention mises en œuvre par l’employeur pour faire disparaître ou réduire ces facteurs durant cette période pour chaque travailleur exposé à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels déterminés par décret et liés à des contraintes physiques marquées, à un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail susceptibles de laisser des traces durables identifiables et irréversibles sur sa santé.

La reconnaissance du taux d’incapacité de l’assuré sera soumise à l’aval d’une commission. La composition et les modalités de fonctionnement de cette commission, ainsi que les critères de reconnaissance du taux d’incapacité seront fixés par décret.

A titre expérimental, jusqu’au 31 décembre 2013, un accord collectif de branche peut créer un dispositif d’allègement ou de compensation de la charge de travail des salariés occupés à des travaux pénibles. Les salariés peuvent bénéficier de ce dispositif s’ils ont été exposés pendant une durée minimale définie par l’accord à un des facteurs de pénibilité définis par le code du travail et ont cumulé pendant une durée définie par le même accord deux de ces facteurs. Ils doivent ne pas remplir les conditions pour liquider leur retraite à taux plein.

L’allègement de la charge de travail peut prendre la forme :

  • d’un passage à temps partiel pour toute la durée restant à courir jusqu’à ce que le salarié puisse faire valoir ses droits à retraite, durée pendant laquelle le salarié bénéficie d’une indemnité complémentaire fixée par l’accord ;
  • de l’exercice d’une mission de tutorat au sein de l’entreprise du salarié, mission au titre de laquelle le salarié bénéficie d’une indemnité complémentaire fixée par l’accord.

La compensation de la charge de travail peut prendre la forme :

  • du versement d’une prime ;
  • de l’attribution de journées supplémentaires de repos ou de congés.

Les droits attribués au titre de la compensation de la charge de travail peuvent être versés sous la forme d’un abondement au compte épargne-temps du salarié..

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Carrières longues

Le dispositif des carrières longues est élargi. Mis en place en 2003, il permet aux salariés ayant commencé à travailler avant 18 ans de prendre leur retraite entre 58 et 60 ans, sous réserve de justifier de la durée de cotisations nécessaire.

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Retraite par capitalisation

La moitié des sommes perçues par les salariés au titre de la participation aux résultats de l’entreprise est automatiquement reversée sur le Plan d’épargne collectif pour la retraite (Perco), sauf avis contraire du salarié.

Une sortie sous forme de capital limitée à 20% est désormais possible dans le cadre du Plan d’épargne retraite populaire (Perp). Pour rappel, le Perp permettait uniquement le versement d’une rente viagère lors du départ à la retraite.

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Dispositifs de solidarité

Différents dispositifs sont créés ou renforcés :

  • Création d’une aide à l’embauche pendant une année pour les entreprises qui embauchent un demandeur d’emploi de plus de 55 ans. Le montant de l’aide est égale à 14% du salaire brut mensuel dans la limite de 2885 euros.
  • Pour les femmes, l’indemnité de congé maternité est intégrée au salaire de référence pour le calcul de la pension de retraite.
  • Les jeunes peuvent valider 6 trimestres au titre de la première période de chômage non indemnisée, au lieu de 4 actuellement.
  • Pour les agriculteurs, le minimum vieillesse est exclu du recours sur succession.

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Information des salariés

Un relevé de carrière en ligne, reprenant l’ensemble des périodes cotisées, sera institué. Il sera complété par un point d’étape à 45 ans, puis tous les 5 ans, permettant de faire le point sur les droits acquis par le bénéficiaire. Ce dispositif n’est accessible que pour les bénéficiaires résidant en France.

« En amont de tout projet d’expatriation, l’assuré bénéficie à sa demande d’une information, par le biais d’un entretien, sur les règles d’acquisition de droits à pension, l’incidence sur ces derniers de l’exercice de son activité à l’étranger et sur les dispositifs lui permettant d’améliorer le montant futur de sa pension de retraite. Une information est également apportée au conjoint du futur expatrié. Les conditions d’application du présent alinéa sont définies par décret. …. Les informations et données transmises aux assurés lors de l’entretien n’engagent pas la responsabilité des organismes et services en charge de les délivrer. »

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Option de versement de la pension trimestre ou mois

« A compter du 1er janvier 2013, tout assuré pensionné d’un régime de retraite de base ou complémentaire versant des prestations par trimestre à échoir peut demander à percevoir sa pension selon une périodicité mensuelle. Cette option ne peut lui être refusée. Une fois exercée, l’option est irrévocable.

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Les dispositifs impactés par la loi sur les retraites pour assurer leur financement

  • Prélèvement supplémentaire de 1% sur la dernière tranche de l’impôt sur le revenu, hors bouclier fiscal. Soit 41% au lieu de 40% d’imposition actuellement ;
  • Augmentation de 1 point des prélèvements sur les plus-values de cessions mobilières et immobilières et du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et les intérêts ;
  • Augmentation des prélèvements sur les stock-options 8% pour les bénéficiaires et 14% pour l’entreprise.
  • Prélèvement sur les retraites-chapeaux dès le premier euro de rente versé, et non plus à partir de 1 000 euros ;
  • Suppression de deux niches fiscales : suppression du crédit d’impôt sur les dividendes des particuliers et plafonnement de la quote-part pour frais et charges sur les dividendes des entreprises ;
  • Annualisation du calcul des allègements de charges des entreprises.

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Sources :

Loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites

Texte adopté n°527 par l’Assemblée nationale le 15 septembre 2010, portant réforme des retraite en procédure accélérée.

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Auteur : Equipe id-carrieres
nov 12

Vous êtes responsable de votre employabilité et de votre parcours professionnel. Oui, j’ai bien compris mais comment faire ?

Les salariés ont bien compris que la relation à l’emploi et avec leur employeur a changé. La raréfaction de l’emploi, l’incertitude et la discontinuité des parcours professionnels sont vécues concrètement par la plupart d’entre eux. Les plus jeunes s’y préparent plus ou moins… En revanche, ils sont moins nombreux à pouvoir définir ce que cela implique pour eux individuellement et concrètement, et surtout à mettre en œuvre les actions qui leur permettront de « sécuriser » leur travail et donc leurs revenus.

Les textes de loi, les discours de dirigeants, les conférences, les sites internet … sur ces sujets ne manquent pas. Cependant nous constatons tous les jours combien il est difficile et complexe pour une personne individuellement de s’approprier ce nouveau paradigme qui n’est pas récent,  et d’élaborer des solutions individuelles face aux deux systèmes qui l’ont toujours englobée et régie : l’entreprise, le marché du travail.

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1- L’employabilité aujourd’hui ?

L’employabilité est la capacité à être « employable » sur le marché du travail. Il faut donc aussi le rester tout au long de la vie pour se garantir contre le chômage ou le déclassement.

L’employabilité a été très souvent associée à la formation : acquérir une qualification professionnelle puis entretenir, développer ou réorienter cette qualification par la formation professionnelle permanente prodiguée en général par l’employeur ou à l’aide de quelques dispositifs individuels (CIF puis DIF). Aujourd’hui dans un monde économique qui s’est élargi, se complexifie, évolue vite et en permanence, qui se dématérialise aussi de plus en plus, la qualification dans le métier exercé, « la compétence métier », ne suffit plus. Quel que soit le métier, elle doit être complétée de savoir-faire liés à la résolution de problème, à la créativité, à la recherche d’informations et de personnes utiles au bon moment, aux réseaux, etc. Autant de savoir-faire spécialisés et transversaux qui s’acquièrent pour partie par une formation formelle (enseignement, formation professionnelle) pour en acquérir la connaissance et les bases, pour l’autre partie par la pratique, l’expérience, le partage d’expériences, un processus continu d’apprentissage et d’expérimentation.

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2- La responsabilité individuelle de l’employabilité ?

Dans la définition commune, la responsabilité, c’est l’obligation de répondre de ses actes ou la capacité à prendre des décisions importantes. Ce qui se traduirait concernant l’employabilité par :

  • L’obligation individuelle de se rendre employable
  • La capacité individuelle à construire et développer son employabilité.

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L’obligation du salarié : se rendre employable ?

C’est un changement majeur dans la représentation et les habitudes des salariés. Ils étaient auparavant formés par l’employeur par rapport à un poste ou une évolution de poste définie. Aujourd’hui l’emploi dans le poste n’est plus garanti par l’employeur. Toutes les composantes de l’entreprise sont confrontées à des changements permanents, rapides, complexes, incertains… Le terrain des actions, leur temporalité et leur nature se sont transformés, pour les organisations et en corollaire pour les salariés. Un univers où les rôles, les relations, les compétences se redistribuent et se modifient en continu.

Pour être et resté compétitif sur le marché du travail, de plus dans un rapport de force défavorable, le salarié doit être pro actif pour s’adapter, se former, s’inscrire dans un processus continu d’apprentissages diversifiés.

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La capacité individuelle : se rendre employable ?

Le salarié se projette à juste titre dans une relation de dépendance économique vis à vis de l’entreprise. Et cette dernière est bien réelle, même s’il bénéficie, sauf exception en en France, d’une protection juridique et financière en cas de rupture de la relation contractuelle. En revanche, aujourd’hui la dépendance technique, culturelle, sociale d’un salarié par rapport à l’entreprise est intrinsèquement moindre (à l’exception des postes non qualifiés). Les salariés disposent d’une relative autonomie dans l’organisation de leur travail. Ils évoluent dans un environnement culturel et social plus ouvert, où l’entreprise n’est plus le seul lieu d’activité et d’apprentissage.

Internet et le web social ont renforcé cette émancipation du salarié envers l’entreprise qui l’emploie et offre de nouvelles opportunités d’apprentissage :

  • un accès élargi et facilité à l’information notamment relative à l’emploi,
  • des ressources disponibles au moment où on en a besoin : l’échange, le partage d’expériences, de connaissances ou de solutions avec d’autres personnes, des services à la demande … ,
  • des usages collaboratifs qui potentiellement renforcent les compétences transversales…

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On observe malgré tout cela de réelles difficultés des personnes individuellement à élaborer un projet professionnel, à définir leurs compétences, à s’orienter sur le marché de l’emploi… Pourquoi ?

Selon nous, trois raisons majeurs :

- La première tient à la culture du salariat. Une majorité de personnes, salariées, n’ont pas encore réellement mesuré que des savoir-faire sont associés à la gestion de leur emploi et de leur carrière, ce que nous appelons la compétence à s’orienter et à rebondir sur le marché de l’emploi. Compétence qu’elles doivent acquérir indépendamment de la relation employeur-salarié, et même si aucune formation initiale et continue ne l’intègre concrètement.

Rien ne doit être laissé au hasard dans le choix d’une formation, une recherche d’emploi ou d’évolution, dans son travail quotidien …  Une exigence forte certes …  une exigence qu’il faut désormais intégrer dans ses réflexes professionnels et dès le début de sa carrière. C’est certainement cela l’auto-entrepreneuriat.

-  La seconde relève de la nature complexe de la compétence à s’orienter et à rebondir et du contexte dans lequel elle peut s’exercer aujourd’hui.

Etre apte à s’orienter professionnellement nécessite d’ouvrir ses horizons, d’être en interaction et en apprentissage continu avec d’autres personnes et d’autres environnements, d’utiliser ses leviers l’exercice professionnel quotidien… C’est aussi parvenir à bien se connaître dans un processus nécessairement évolutif, à définir ses propres repères et valeurs en étant prêt(e) à les remettre en question…  Un cheminement agile dans l’individuel et le collectif, les environnements proches et le reste du monde, réel et virtuel aujourd’hui, l’empathie et l’assertivité, l’objectivité et la vision, l’ouverture et l’esprit critique, l’apprentissage et la mise en œuvre…Un cheminement agile qu’il est bien difficile de réaliser seul parce qu’il nécessite un bon questionnement, du feedback et des solutions personnalisées.

- La dernière, enfin, relève selon nous des modalités actuelles d’accompagnement à l’emploi des salariés et des futurs salariés. Aujourd’hui,

  • soit vous êtes diplômé(e)s de l’enseignement supérieur ET identifié comme un haut potentiel dans une grande entreprise, et dans ce cas vous avez toutes les chances d’être formés, accompagnés, « coachés », orientés dans votre parcours,
  • soit vous êtes inscrit(e) à Pôle Emploi sans qualification et si les budgets le permettent vous bénéficiez d’un bilan professionnel et/ou d’une formation.

Dans tous les autres cas, lorsque vous vous questionnez sur votre emploi ou votre parcours, vous avez le choix entre :

  • si vous êtes en poste, en parler à votre responsable mais vous estimez souvent que c’est risqué pour votre emploi ou inutile en matière de résultat, demander à votre responsable un bilan de compétences que vous obtiendrez que s’il le juge utile et s’il a le budget,
  • vos collègues ou amis qui vous donneront des conseils bienveillants avec une vision partielle, parfois partiale, …
  • Internet qui vient à la rescousse. Avec beaucoup d’informations sur le « comment faire », de nombreuses possibilités de partager des expériences et des solutions avec d’autres personnes mais aussi avec la difficulté de s’y retrouver dans une masse d’informations difficiles à qualifier, nécessitant la maitrise d’outils pour ne pas se perdre et ne pas perdre un temps qui manque déjà, et dans tous les cas l’absence du « comment faire » adapté à votre propre situation, votre personnalité, votre histoire…

C’est bien pour cela que nous avons créé id-carrieres*. Si nous intégrons nos services dans ce billet, ce n’est pas pour nous faire de la pub (même si elle est toujours la bienvenue pur se faire connaître, comme le dit Marie-Pierre) mais c’est avant tout parce que nous ressentons la nécessite de faire bouger les pratiques, parce que tous les jours nous constatons les besoins des personnes de tout âge à s’informer sur les pratiques du marché du travail, à apprendre et à mieux comprendre comment cheminer, à s’évaluer, à disposer de conseils concrets qui les concernent, à être guidées dans leurs actions concrètes : se présenter dans un CV ou lors d’un entretien, utiliser les job boards ou le réseau, argumenter sur ses expériences et sa cible d’emploi, agir pour sortir des CDD successifs, valider au fil de l’eau les choses à faire et à ne pas faire… C’est parce qu’aussi nous mesurons les apports pour les personnes de cette aide, parfois très basique.

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Plus globalement, les outils de communication et d’interaction disponibles aujourd’hui permettent de démocratiser l’accès à l’information personnalisée, au bon questionnement, au feedback etc. au moment où on en a besoin … à condition bien évidemment de prendre conscience de ce besoin et de la nécessité d’acquérir cette compétence à s’orienter.

Etre acteur de son parcours professionnel et apprendre à l’être n’est plus inaccessible, il s’agit maintenant de convaincre chaque personne qu’il faut l’être. Même si le jeu des contraintes et des difficultés externes et personnelles liées à l’emploi n’est pas à sous-estimer, être acteur de son parcours et apprendre à l’être est un atout incontournable, quel que soit l’âge, la qualification, le statut, le parcours …

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* Nous recherchons des partenaires : même si nos prestations sont à des tarifs inédits, de nombreuses personnes ne peuvent y accéder. Nous recherchons actuellement des partenaires qui abonderaient pour aider les personnes en difficultés d’emploi à bénéficier d’un appui personnalisé à tarif réduit, merci de le faire savoir et de nous contacter si vous souhaitez nous aider.

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Auteur : Equipe id-carrieres
nov 9

Plus de jeunes en activité, moins d’emplois pour les jeunes

La DARES a publié en octobre 2010 une enquête sur l’emploi et le chômage des jeunes portant sur l’année 2009. Nous avons sélectionné quelques chiffres et tendances concernant l’emploi et le chômage des jeunes qu’il est intéressant de retenir et éventuellement de suivre.

tableau des 15 à 29 ans

  • La durée de scolarisation entre 15 et 29 ans est de 6,1 années. L’allongement de la durée des études est stable depuis 1995. La crise de 2008 n’ a pas incité plus de jeunes à poursuivre leurs études et à retarder leur entrée sur le marché de l’emploi. D’où un taux d’activité en hausse.
  • L’emploi des jeunes a été plus fortement touché par la crise, le taux de chômage de la population totale a augmenté de 2,2% , celui des jeunes de 5,6%.
  • 17% des jeunes entre 15 et 29 ans sont au chômage et les jeunes hommes sont plus fortement touchés que les jeunes femmes. Le pourcentage s’élève à 29,5% dans les zones urbaines sensibles. Les contrats aidés ou les mesures relatives à l’apprentissage n’ont pas suffi à amortir les effets de la crise sur l’emploi des jeunes.
  • Les jeunes sont plus touchés par la précarité : 30% jeunes qui occupent un emploi dans le secteur privé ont un contrat temporaire (12% pour l’ensemble des salariés). 38% des jeunes qui travaillent dans le secteur public ne sont pas titulaires (14% pour l’ensemble des salariés).
  • 1 emploi sur 4 bénéficie de l’aide de l’Etat, 700 000 jeunes concernés.
  • Il est souvent question de la fin du salariat pourtant moins de 4% des jeunes entre 15 et 29 ans travaillent en statut non salarié.

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Notre commentaire

La professionnalisation et l’insertion sont en panne :

  • Les entreprises ne forment plus les jeunes et préfèrent recruter directement sur le marché les compétences dont elles ont besoin (d’où découlent aussi bien les tensions sur les mêmes profils que le clonage qui rigidifie un marché du travail structurellement et conjoncturellement tendu).
  • La professionnalisation des jeunes pendant la formation initiale est encore insuffisante et insuffisamment pratiquée pour faciliter l’insertion professionnelle et l’adaptation des compétences aux besoins des entreprises.
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Auteur : Equipe id-carrieres
nov 8

Les carrières internationales : un discours dominant mais une réalité plurielle.

A en croire le discours « idéal » des dirigeants des multinationales ou des grandes écoles, pour sécuriser sa carrière professionnelle, il faut être cosmopolite, mobile à souhait, flexible aux cultures, citoyen du monde, universel en somme… un discours élitiste et uniforme de carrière internationale qui ne prend pas en compte la réalité des activités internationales des entreprises et des postes qu’elles offrent ainsi que les rythmes naturels de vie ou la diversité des modes d’ acculturation.

Si la mondialisation de l’économie et des entreprises (pour la majorité une internationalisation) nécessite de disposer effectivement de salariés aptes à travailler et à collaborer dans un espace élargi et beaucoup plus diversifié qu’on ne le dit, « le monde », le modèle du jeune cadre haut potentiel ou du cadre/ de l’expert de haut niveau passant d’un pays à un autre, d’une culture à une autre, avec aisance et sans état d’âme, est érigé en modèle à tord.

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Nous serons tous d’accord pour dire que les capacités à travailler dans un contexte mondialisé passe nécessairement par la maîtrise d’au moins une ou deux langues étrangères, par des expériences d’immersion et d’apprentissage dans d’autres pays, par des séjours et voyages professionnels réguliers à l’étranger, par une ouverture et une curiosité au monde…

En revanche, il est absurde de continuer à véhiculer un schéma dont on sait pertinemment qu’il ne concerne ou ne correspond qu’à une minorité de personnes, quelques centaines de cadres ou experts internationaux de haut niveau, quelques milliers de salariés qui ont fait le choix pour des raisons personnelles de s’expatrier durablement ou définitivement dans un seul ou plusieurs lieux… Un modèle idéal de carrière internationale que de nombreux étudiants se croient par ailleurs obliger d’intégrer dans leur projet professionnel pour être sélectionnés par les meilleures écoles, alors qu’ils savent que passer 35 ans ils aspireront comme beaucoup avant eux à une vie ancrée sur un territoire choisie ou que cet état de fait s’imposera à eux. Et c’est encore plus vrai pour les femmes…

Par ailleurs, l’expatriation n’est plus aujourd’hui la voie privilégiée par les entreprises. Elle a été longtemps perçue par les salariés et présentée par les entreprises comme un accélérateur des carrières, un levier de réussite professionnelle, un passage obligé aussi : acquisition de compétences, preuve d’adaptation, ouverture culturelle et professionnelle, avantages financiers, promotion au retour … Mais s’est accompagnée aussi de déceptions individuelles et des difficultés de réintégration pour les entreprises, justement au retour. Des difficultés à utiliser et à valoriser les compétences acquises, des spécialisations géographiques restrictives, un décalage de pratiques professionnelles et de culture, une reconnaissance professionnelle et financière plus à l’extérieur de l’entreprise … Un investissement au final difficile à valoriser pour les deux parties… L’expatriation s’avère à la fois coûteuse et aléatoire et ne correspond plus au double enjeu d’une mondialisation qui se joue aussi en local avec le recrutement de collaborateurs et de compétences dans les pays concernés.

A côté de l’expatriation, il y a de plus en plus des carrières internationales conduites à partir de la « maison-mère », construites autour de projets ou de missions de coordination et d’acculturation à l’entreprise, plus ou moins longues ou au sein d’entreprises internationalisées de l’intérieur avec des équipes multiculturelles …

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Les véritables enjeux des entreprises pour attirer et fidéliser les profils internationaux dont elles ont besoin et pour diffuser une réelle culture internationale se situent davantage dans la définition des stratégies pertinentes et des plans d’actions qu’elles doivent mettre en oeuvre et en corollaire dans l’adaptation de la gestion des trajectoires, diversifiée voire personnalisée.

Pour les personnes individuellement, étudiants ou salariés, il est important de construire un projet de mobilité internationale qui s’intègre dans un objectif de carrière et dans un projet de vie et qui ne mise pas uniquement sur une accélération potentielle qui reste aléatoire.

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Auteur : Marie-Pierre FLEURY
nov 3

Comment seront calculées les indemnités journalières ou IJSS à partir du 1er décembre 2010

Le décret n° 2010-1305 du 29 octobre 2010 modifie le mode de calcul des indemnités journalières (IJ) de Sécurité sociale versées aux salariés dans le cas de l’arrêt de leur activité professionnelle en raison d’une maladie, d’une maternité, d’une paternité, d’une adoption, d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.

Un second décret uniformise sur la même base le calcul des indemnités journalières pour les travailleurs non les salariés des professions non agricoles.

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Jusqu’à présent les indemnités journalières étaient définies sur la base d’un salaire journalier calculé de la façon suivante :

  • pour la maladie, la maternité, la paternité, l’adoption : 1/90 du salaire brut des 3 mois précédant l’interruption de travail
  • pour les accidents du travail ou de maladie professionnelle : 1/30 du salaire brut du dernier mois.

Soit sur la base d’un mois moyen de 30 jours ce qui revenait à les calculer sur 360 jours.

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A partir du 1er décembre 2010, elles seront calculées ainsi :

  • pour la maladie, la maternité, la paternité, l’adoption : 1/91,25 du salaire brut des 3 mois précédant l’interruption de travail
  • pour les accidents du travail ou de maladie professionnelle : 1/30,42 du salaire brut du dernier mois.

Soit sur la base d’un mois moyen de 30,32 jours ce qui revient à prendre en compte une année de 365 jours.

Exemple :

Si votre salaire mensuel brut du dernier mois ou des 3 derniers mois s’élève à 2000 € bruts, votre indemnité journalière était de 66,67 euros; à partir du 1er décembre 2010, elle sera de 65,74 euros soit une diminution de 1,4%.

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Auteur : Equipe id-carrieres